Montréal
21:50 23 août 2015

Des herbes pas si mauvaises

Des herbes pas si mauvaises
Photo: Chantal LevesqueLa racine de bardane aiderait à guérir certains problèmes de peau et de muqueuses.

Plusieurs des «mauvaises herbes» que les Montréalais retrouvent sur leurs terrains possèdent des propriétés médicinales reconnues des herboristes. Pour nous permettre de redécouvrir ce patrimoine naturel, des citoyens ont organisé une visite d’initiation dans la ruelle Victor, à Verdun.

«Ce qu’on croit être de la mauvaise herbe est souvent de l’or, a affirmé Amélie Hébert, qui a effectué deux ans de formation en herboristerie, lors d’une visite privée effectuée par Métro. Aujourd’hui, les gens ne reconnaissent plus ces plantes, ça se perd. C’est une biodiversité à protéger.»

Si on retrouve des plantes intéressantes à consommer un peu partout dans la ville, il faut toutefois faire preuve de discernement et ne pas les cueillir n’importe où. «Je ne les prendrais pas au milieu de l’asphalte d’un stationnement. On ne sait pas s’il y a eu un déversement d’huile ou si le terrain est contaminé. Mais si ça pousse dans la bonne terre de votre cour, il n’y a pas de problème», a souligné Mme Hébert.

Première plante rencontrée: l’ortie. Il faut cueillir ces feuilles avec des gants, car elles causent de l’urticaire. Mais une fois cuites ou bouillies, ces feuilles antioxydantes, nutritives et pleines de fer sont censées réduire les crampes menstruelles et soigner certains problèmes de peau. «Je me fais des quiches à l’ortie», a commenté Jean-François Caron, organisateur de la visite.

Dans un rayon de quelques mètres, Mme Hébert a ainsi répertorié au moins six autres plantes nutritives ou médicinales, dont la bardane, la verge d’or et le plantain.

On ne s’improvise pas herboriste, avertit toutefois Mme Hébert. «Ce n’est pas en une heure qu’on devient herboriste et qu’on peut savoir comment se traiter, a-t-elle signalé. Le but de l’activité est plutôt de piquer la curiosité et de changer le regard que les gens posent sur ces plantes qu’ils voient partout.» Elle souligne qu’il est possible de consulter des herboristes dans diverses boutiques ou en consultation privée.

Visite guidée
La première visite «L’herboriste dans la ruelle» a eu lieu samedi dernier.
• Les organisateurs comptent en organiser une autre à la mi-septembre dans le cadre des Journées des ruelles vertes.
• Les détails seront annoncés sur la page Facebook de la ruelle La Victorienne.

Écologie: Hôtel pour insectes

Dans le stationnement adjacent à la ruelle Victor, à Verdun, se trouve depuis le mois de juin un «hôtel à insectes». Constitué de matériaux récupérés et financé par le Centre d’écologie urbaine de Montréal, il vise à favoriser la présence d’insectes utiles à la biodiversité florale. «Ils pollinisent, drainent le sol, mangent des insectes nuisibles», a expliqué Jean-François Caron, instigateur du projet, parlant notamment des abeilles solitaires, des coccinelles et des perce-oreilles.

M. Caron souligne que les citoyens peuvent fabriquer leur propre petite auberge dans leur cour. «La façon la plus simple est de percer des trous dans une bûche de bois et de la déposer sur le sol», a conseillé M. Caron. R.L.