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Plus de 85% des écoles de la CSMB jugées «dans un mauvais état»

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Des dizaines de bâtiments de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) mériteraient d’être rénovés de fond en comble. Selon des données colligées en juin 2014 par le ministère de l’Éducation et obtenues par TC Media, 86% des établissements sont en mauvais état, dont 35% en très mauvais état.

Au total, 118 écoles sur 134 présentent un niveau élevé de dégradation. C’est à Lachine qu’on retrouve la pire. L’édifice Bélanger de l’école primaire Martin Bélanger a un indice de vétusté physique (IVP) de 130%, qui correspond à la somme du coût estimé de tous les travaux de maintien d’actifs devant être réalisés sur cinq ans, divisé par la valeur de remplacement de cette infrastructure, en pourcentage.

Les immeubles et les équipements nécessitent des travaux importants et parfois urgents, comme la réfection de la toiture et de la ventilation, le remplacement de la plomberie, des chaudières et des circuits électriques ainsi que le remplacement de l’alarme incendie.

Notons que «mauvais état» ne menace en aucun cas la santé et la sécurité des élèves. L’indice de vétusté dépend de l’urgence des travaux à effectuer, selon qu’ils doivent être réalisés dans un délai de un, trois, cinq ans ou plus.

Lire aussi: Les écoles de Verdun en mauvais état

500 M$ de rattrapage
La CSMB estime qu’elle aurait besoin d’un demi-milliard de dollars en financement additionnel pour rattraper l’ensemble du déficit d’entretien. Toutefois, elle ne reçoit en moyenne que 23 M$ du ministère de l’Éducation pour le maintien des bâtiments annuellement, ce qui contraint la commission scolaire à faire des choix.

«Au quotidien, nous tentons de faire preuve de créativité pour en faire plus malgré l’enveloppe limitée, affirme Jean-Michel Nahas, coordonnateur des communications. Par exemple, chaque fois qu’un agrandissement est réalisé, la CSMB essaie d’en profiter pour faire des travaux supplémentaires pour améliorer ces bâtiments.»

Pas surprenant
Le Syndicat de l’enseignement de l’Ouest de Montréal n’est pas surpris par le piètre état des établissements scolaires de la CSMB qu’il attribue notamment à l’âge du parc immobilier ainsi qu’au nombre grandissant d’élèves.

Pour Mélanie Hubert, vice-présidente à la vie professionnelle, «la CSMB vit l’heureux problème de devoir gérer la croissance. Qui dit croissance dit agrandissement, et beaucoup d’argent et d’énergie sont investis là-dedans plutôt qu’ailleurs.»

Mais la commission scolaire doit également prioriser les entretiens urgents qui touchent la santé et la sécurité du personnel, avant les travaux d’ordre esthétique ou préventif.

«La perception que j’ai, c’est qu’on travaille toujours dans l’urgence et le rattrapage, ajoute Mme Hubert. On a de la difficulté à faire de l’entretien préventif parce que nous sommes toujours en train de régler le problème le plus urgent.»

Pour ajouter au casse-tête, elle souligne la difficulté d’effectuer des rénovations en présence d’élèves, alors que les écoles fonctionnent au maximum de leur capacité.

Les bâtiments de la CSMB sont loin d’être les plus vétustes parmi les commissions scolaires francophones de Montréal. Près de 100% des écoles de la Commission scolaire de Montréal sont jugées dans un mauvais état. La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, de son côté, ne possède aucune donnée sur l’état de ses établissements.

Les établissements les plus vétustes
• École Martin Bélanger, édifice Bélanger/Lachine (IVP de 129,8%)
• École Très-Saint-Sacrement, édifice du Savoir/Lachine (104,9%)
• École Chanoine-Joseph-Théorêt/Verdun (80,5%)

Les établissements en meilleure santé
• École du Bois-de-Liesse/Dollard-des-Ormeaux (IVP de 0,03%)
• École du Bout‐de‐l’Isle/Sainte-Anne-de-Bellevue (2,8%)
• École des Grands‐Êtres/Saint-Laurent (4,7%)

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