Montréal

3 idées pour contrer l’itinérance

Photo: Archives TC Media

«L’itinérance est un problème qui peut être résolu», affirme Tim Richter, PDG de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, qui tient sa conférence à Montréal jusqu’à mercredi. L’événement, qui regroupe quelque 800 participants, vise notamment à prendre connaissance des meilleures pratiques instaurées ailleurs. Voici trois initiatives qui attirent l’attention.

HireUp
Le premier portail de recrutement canadien pour jeunes itinérants verra le jour demain. Les candidats à l’emploi auront été sélectionnés parmi 18 centres d’aide partout au Canada et auront suivi une formation en employabilité. «En cas de difficulté, les entreprises partenaires auront un interlocuteur pour pouvoir régler les problèmes et s’assurer que l’expérience soit une réussite», explique Olivia Larkin, porte-parole d’Impakt Corporation, l’entreprise derrière le projet. Des données seront colligées dans le cadre d’un projet de recherche de l’Observatoire canadien sur l’itinérance afin de mesurer l’efficacité du programme, qui vise à sortir de l’itinérance 180 jeunes dans sa première année d’existence.

Coupe du monde des sans-abri
L’événement, qui date de 2003, a accueilli cette année aux Pays-Bas des équipes de 47 pays. Selon ses instigateurs, le projet renforce l’assiduité, la santé et l’estime de soi des sans-abri, tout en leur inculquant certaines habitudes de communication et de travail en équipe, habitudes qu’ils avaient perdues en vivant dans la rue. L’expérience a montré que c’est un moyen efficace de toucher les sans-abri qui n’ont pas répondu à d’autres méthodes d’intervention, selon les organisateurs. Les résultats d’une étude menée par la Trobe University durant l’édition 2008, à Melbourne, indiquent en outre que 52% des spectateurs interrogés trouvaient que leur attitude à l’égard des sans-abri avait changé à la suite de l’événement.

L’Accueil
«En offrant à manger, une douche, du linge et un lit, les refuges contribuent à la chronicité de l’itinérance», lance Mattew Pearce, DG de la Mission Old Brewery. C’est pour ça qu’a été créé l’Accueil, un service d’hébergement réservé à ceux qui viennent d’échouer dans la rue. «Tous les matins pendant deux à trois semaines, ils vont travailler avec notre personnel d’encadrement pour s’en sortir. Si on n’arrive pas rapidement à les sortir de la rue, ils finissent par s’habituer et ça devient plus difficile», explique M. Pearce. Dans une perspective de réduction des méfaits, il aimerait aussi offrir un service où la consommation d’alcool sous supervision serait autorisée. M. Pearce croit aussi que le jumelage en colocation d’étudiants et d’anciens itinérants est une voie à explorer.

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