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La SPCA demande à Verdun d’éviter les solutions «létales»

Photo: Louis Rochefort

Après avoir vu une trentaine d’arbres abattus à la Pointe-Nord de L’Île-des-Sœurs au cours des dernières semaines, la Société Protectrice Canadienne des Animaux (SPCA) affirme que l’approche de gestion des populations de castors, à l’aide de trappeurs, utilisée par l’arrondissement de Verdun n’est pas la bonne et recommande l’utilisation de grillage au pied des arbres, une solution qui est toutefois déjà utilisée.

Dans un communiqué de presse publié mercredi matin, douze jours après que le Magazine de l’Ile des Sœurs ait révélé que de nombreux arbres avaient été abattus par des castors, l’organisme a adressé une fronde à l’équipe du maire Parenteau.

«C’est important d’adopter des solutions non seulement efficaces, mais aussi non cruelles. L’arrondissement tente de piéger les castors, ce qui est cruel», affirme Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse à la SPCA.

Verdun confirme que des trappes ont effectivement été installées à certains endroits par souci de protection des citoyens. Il y a un peu plus d’un an, des arbres avaient été abattus par ces bêtes dans le stationnement d’un immeuble à condos. En tout, seulement deux bêtes ont été attrapées depuis l’implantation de ce système.

Dans son communiqué, la SPCA invite les citoyens à contacter l’arrondissement pour contester cette décision.

Grillage de protection
La solution proposée par la SPCA, soit de poser du grillage autour des arbres, est pourtant déjà adoptée par l’arrondissement.

«Il faudrait le faire sur plus d’arbres. C’est une solution adoptée dans d’autres régions où il y a le même problème et ça fonctionne», dit Mme Kapuscinska.

Le maire de l’arrondissement, Jean-François Parenteau, explique la situation autrement.

La majorité des arbres d’intérêt pour les castors sur la Pointe-Sud ont été protégés. Nous poursuivons maintenant l’opération sur la Pointe-Nord et augmenterons leur déploiement»,

Coopération
Une rencontre est prévue entre les deux parties en début 2016 pour discuter de la problématique. D’ici là, Mme Kapuscinska aurait aimé que l’arrondissement cesse le trappage, ce qui ne sera pas le cas.

«On reconnait qu’il faut également protéger le public, mais cette méthode ne mène à rien. Il peut y avoir des dangers que des animaux domestiques s’y prennent», dit-elle.

Si l’arrondissement est ouvert aux propositions et au mandat de la SPCA, il doit toutefois devoir prendre plus de facteurs en considération dans l’application de sa politique.

«L’enjeu pour la SPCA est le sort des animaux. De notre côté, nous avons en plus le souci de préserver les arbres et la sécurité de la population», soutient le maire.

Depuis 2011, ces bêtes ont abattu ou endommagé environ 650 arbres sur L’Île-des-Sœurs.
Bien que le castor ne soit pas en voie de disparition, la survie de 50% d’espèces en voie de disparition en Amérique du Nord déprendrait des marécages qu’ils créent selon la SPCA.

Selon les statistiques les plus récentes que nous avons pu trouver, au Québec, il y aurait une densité de 2,3 colonies de castors par 10 km2. Par colonie, les données la Société de la faune et des parcs du Québec expliquent qu’il s’agit d’un regroupement d’environ 3,6 castors.

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