Montréal

Denis Coderre demande de faire cesser temporairement les activités d’UberX

Photo: Archives | Yves Provencher/Métro

Le maire de Montréal, Denis Coderre, demande au gouvernement de faire cesser les activités d’UberX pendant les travaux de la commission parlementaire sur l’industrie du taxi annoncée par le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust.

Il demande également des efforts de la part de l’industrie du taxi pour cesser leurs moyens de pression pendant cette période. «Moi, ce que je demande au gouvernement ce matin, c’est une trêve. Je pense qu’on est rendu là. Que pendant toute cette période, qu’UberX cesse ses activités. On ne veut pas de dérapage, on ne veut pas que le pire puisse arriver, c’est très émotif», a-t-il insisté, rappelant que «présentement UberX c’est du transport illégal».

Une demande qu’ont également fait les chauffeurs de taxis de Montréal, mardi, qui souhaitent qu’UberX cesse ses activités le temps de la commission parlementaire. Ils organisent mercredi un blocus à l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau pour protester contre le service d’autopartage Uber et «l’inaction» du gouvernement du Québec dans le dossier.

Au cours de la réunion hebdomadaire du comité exécutif, mercredi matin, le maire a dit comprendre cette action. «Je comprends [que les chauffeurs] ne veulent pas prendre les gens en otage. Je comprends que le ministre veut également mettre sur pied une commission parlementaire pour qu’on puisse faire le point et en arriver à un conclusion. Entre temps, ça ne donne rien de faire une surenchère et de provoquer des incidents de part et d’autre, a-t-il fait part. Il faut qu’on ramène une certaine sérénité dans tout ça», a-t-il poursuivi plus tard en journée.

Le ministre Jacques Daoust a annoncé la semaine dernière la tenue prochaine d’une commission parlementaire sur l’industrie du taxi qui inclura les services de l’application pour téléphone intelligent Uber dans le but de règlementer et de légaliser ces services.

Alors que la Ville d’Edmonton a encadré les services d’UberX dans les dernières semaines par un règlement municipal, Denis Coderre refuse que ce modèle s’applique à Montréal. «Qu’on ne vienne pas comparer Edmonton à Montréal, ce n’est pas du tout la même situation en terme de permis [de chauffeurs de taxis]», a affirmé le maire.

Le maire de Montréal ne s’avance pas sur la manière dont le gouvernement devrait encadrer les services d’UberX ni s’ils devraient se voir imposer les mêmes règles que l’industrie du taxi traditionnel. Il martèle simplement qu’il «faut des standards». «On a besoin d’une réflexion, de standards, et on va répondre à cette concurrence déloyale. Parce que les gens d’UberX, présentement, ont-ils des assurances, des responsabilités? Est-ce qu’il y a de la fiscalité? a-t-il questionné.

M. Coderre rappelle que dans l’industrie du taxi «il y a des permis qui valent au total jusqu’à 1,2G$. Il y a des gens qui ont mis leur fonds de pension là-dedans, il y a des gens qui perdent de l’argent présentement. Et on leur ajoute une concurrence déloyale… Qu’on établisse des standards ou bien on rachète tous les permis et on recommence à zéro», a-t-il lancé.

Il insiste pour dire qu’il «n’est pas contre la technologie», rappelant que l’industrie a développé des applications pour téléphone intelligent et des projets de taxis électriques comme Téo Taxi.

Uber a répondu en disant regretter la demande du maire. «Il est dommage de voir qu’encore une fois le maire Coderre veut protéger les intérêts du monopole de l’industrie du taxi et refuse d’écouter la volonté des Montréalais qui ont clairement indiqué leur désir d’avoir des options alternatives de transport sécuritaires, fiables et abordables. Pendant que les chauffeurs de taxi manifestent, les partenaires-chauffeurs UberX sont sur la route afin de servir les besoins de transport des Québécois», a affirmé Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole de Uber Canada.

Plus de 350 000 Québécois utilisent Uber et plus de 8000 sont devenus des partenaires-chauffeurs depuis le lancement d’UberX dans la province, mentionne Uber. Le revenu horaire moyen des partenaires-chauffeurs UberX à Montréal est de 22,40$ et 50% des partenaires-chauffeurs sont actifs moins de 10 heures par semaine. Uber a salué la semaine dernière la création d’une commission parlementaire.

«Si Uber dit non [à la trêve], le gens vont juger c’est quoi les vrais objectifs d’Uber», a réagi Denis Coderre.

À Québec, pendant ce temps, le ministre des Transports Jacques Daoust a clairement réaffirmé que, dans sa forme actuelle, l’application Uber était illégale et que, si elle n’était pas capable de se conformer à d’éventuelles règles de fonctionnement, elle devrait cesser ses opérations pour de bon. Il en a profité pour rappeler qu’un millier de voitures avaient été saisies depuis quelques temps, ce qui démontre selon lui la volonté du gouvernement d’agir contre l’illégalité, ajoutant que le gouvernement se doterait d’autres outils d’intervention si ceux-ci étaient requis. Il ne s’est toutefois pas avancé sur une suspension des activités d’Uber, le temps que la commission parlementaire sur l’industrie du taxi puisse se pencher sur le dossier.

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