Montréal

Week-end payant mais démoralisant pour les cochers

Photo: Roxane Léouzon/Métro

Malgré qu’ils aient brassé de bonnes affaires en ce week-end ensoleillé, le moral des cochers de Montréal était au plus bas à la veille de l’entrée en vigueur du moratoire sur les calèches.

Cette fin de semaine, Richard Delisle a effectué avec sa jument Blanka de 7 à 10 tours d’une demi-heure par jour, l’équivalent de ce qu’il fait lors des journées les plus achalandées de la saison estivale. Malgré tout, il n’était pas de la meilleure humeur lundi.

Cocher depuis de nombreuses année

s, il ne sait toujours pas ce qu’il fera cet été pour gagner sa vie. «On est tous en train de capoter», a lancé le cocher qui travaille pour l’écurie Lucky Luc, la plus grosse de la ville.

C’est que le maire Denis Coderre a annoncé la semaine dernière un moratoire d’un an, en vigueur dès mardi, le temps d’élaborer un nouveau règlement sur les chevaux de calèches. Cette décision est survenue peu de temps après un accident impliquant un cheval de Lucky Luc, qui s’était momentanément retrouvé sans cocher dans les rues de la ville.

Dans ce contexte, c’est l’idée de perdre leur chevaux qui fait le plus peur à nombre de cochers. «Si je la laisse dans un refuge ou à tout autre endroit, elle va se sentir abandonnée. Et moi je vais être malheureux», a témoigné M. Delisle.

«Je vais tout perdre avant de perdre mes chevaux», a pour sa part affirmé Réjean Fortin, cocher depuis 37 ans, travaillant à son compte pour La calècherie d’art. Lui non plus n’a toujours pas de plan B pour cet été.

M. Fortin croit que de nombreux chevaux de ses concurrents ne sont pas traités adéquatement, mais que le maire procède de la mauvaise façon. «Ça règlerait le problème si la ville faisait simplement appliquer convenablement le règlement existant», a-t-il plaidé.

Autant M. Delisle que M. Fortin s’accrochent à la possibilité que le moratoire soit renversé par une injonction que compte déposer Luc Desparois, propriétaire de l’écurie Lucky Luc. Les chevaux séjourneront dans leurs écuries habituelles en attendant la suite des choses.

«J’espère que l’injonction va fonctionner et que ça va lui coûter très cher. Il nous met tous dans la m****, c’est à lui de payer pour ça», a fulminé M. Fortin.

Manifestation
Les cochers n’ont pas baissé les bras. C’est à bord de leur calèche que plusieurs d’entre eux protesteront mardi, entre 12h et 14h, devant l’hôtel de ville de Montréal, contre le moratoire décrété par le maire. «On veut faire savoir notre position. On ne se laissera pas faire», a déclaré Luc Desparois, propriétaire l’écurie Lucky Luc.

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