Le Plateau-Mont-Royal
06:00 21 juin 2016 | mise à jour le: 21 juin 2016 à 11:04 temps de lecture: 3 minutes

5 ans d’attente pour les jardins communautaires du Plateau

5 ans d’attente pour les jardins communautaires du Plateau
Photo: Josie Desmarais/Métro

Les nouveaux jardiniers doivent prendre leur mal en patience s’ils veulent avoir accès à une parcelle de terrain dans un jardin communautaire dans Le Plateau-Mont-Royal. Au fil des ans, l’engouement pour le programme municipal n’a cessé de croître, si bien que l’attente moyenne y est maintenant de cinq ans, la plus plus élevée à Montréal.

«L’engouement actuel est incroyable. Les gens ne tripaient pas autant il y a dix ans. C’est un beau problème», s’enthousiasme la conseillère responsable du dossier verdissement au Plateau-Mont-Royal, Marianne Giguère.

Au total, 1093 personnes attendent une parcelle dans l’un des quatre jardins communautaires de l’arrondissement. Le plus populaire est celui de De Lorimier avec 493 personnes. Celui avec le moins de noms est tout près, au parc Baldwin, avec 111 citoyens. Le temps pour obtenir un lopin de terre à cultiver est estimé de quatre à cinq ans pour l’ensemble des jardins.

«Chaque fois que quelqu’un quitte, on redivise la parcelle en deux, pour laisser la chance au plus grand nombre de personnes d’en bénéficier. Actuellement, les espaces étaient de toute façon très grands. Il n’y a aucun autre projet de jardin communautaire envisagé, car chaque terrain est très convoité dans le Plateau», explique Mme Giguère.

D’autres quartiers fous de jardins
Les arrondissements voisins vivent également un engouement pour l’agriculture urbaine.

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve observe une différence marquée entre ces 12 espaces de jardinage dans l’arrondissement. Alors que quatre secteurs comptent seulement un an avant d’avoir un lot, les jardins Cabrini et Marseille comptent plus de six ans d’attente. La moyenne de l’administration locale se situe à trois ans.

Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension a 600 personnes en attente pour ces sept jardins communautaires, mais la popularité varie énormément d’un quartier à l’autre. La moyenne se situe entre deux et trois ans.

«L’attente peut varier de 0 à 5 ans. Les jardins dans les quartiers Villeray et Parc-Extension sont les plus populaires, alors que certains du quartier de Saint-Michel ont des difficultés de recrutement. Pour obtenir un jardinet dans leur quartier et près de chez soi, les gens sont prêts à attendre», souligne la chargée de communications de l’arrondissement, Audrey Villeneuve.

À Rosemont–La Petite-Patrie, environ 1000 noms figurent sur la liste des neuf jardins communautaires.

«C’est à prendre avec un grain de sel, parce qu’il peut y avoir de nombreux doublons sur la liste. Certaines personnes s’inscrivent à sept jardins communautaires de l’arrondissement et ils ont le droit de le faire. De façon générale, nous avons une bonne rotation chaque année», indique le chargé de communications de Rosemont–La Petite-Patrie, Serge Fortin.

Ce dernier mentionne que l’arrondissement optera pour d’autres solutions afin d’aider les citoyens à jardiner, telles les vingt saillies cultivables du territoire.

À l’ouest du Plateau-Mont-Royal, Outremont ne compte pour sa part qu’un seul jardin communautaire, au parc Pierre-Elliott-Trudeau, avec 58 espaces. La liste d’attente est remise à zéro tous les ans et 17 personnes ont démontré de l’intérêt cette année. Une seule a reçu, jusqu’à présent, une parcelle.

Le programme municipal des jardins communautaires a débuté en 1975. Au fil des ans, plus de 12 000 Montréalais en ont bénéficié produisant plus de 875 tonnes de légumes.