Grève de la faim à Montréal en soutien aux prisonniers politiques en Iran
Huit personnes, dont le député de Québec solidaire, Amir Khadir, ont effectué à Montréal ce week-end une grève de la faim symbolique en soutien aux prisonniers politiques et d’opinion en Iran.
Organisée par le Réseau de solidarité pour la défense des droits humains en Iran, la grève de la faim de 48 heures, entamée vendredi et prenant fin hier soir, a eu lieu dans 14 villes partout dans le monde, dont Montréal, Vancouver et Calgary au Canada.
«Depuis 6 mois, il y a plus de 60 personnes [incarcérées] qui ont fait une grève de la faim pour l’obtention des droits les plus élémentaires [en Iran], comme l’accès aux médicaments, aux visites de médecin, à l’hospitalisation, au téléphone», a déclaré dimanche Elahé Machouf, membre de l’association des femmes iraniennes de Montréal.
Le geste vise en partie à mettre de la pression sur le gouvernement iranien, qui cherche présentement à négocier une reprise des relations diplomatiques avec le Canada, selon le député Khadir. Il affirme que des groupes proches des personnes incarcérées ont demandé aux réseaux de solidarité de les appuyer en menant des actions comme celle de ce week-end.
«Avec l’expérience, on s’est rendu compte que ça peut avoir un impact. On n’obtiendra sûrement pas tout. Mais à chaque fois qu’une action comme celle-là est entreprise, ça change la réalité des gens. Ça améliore parfois leur situation», juge M. Khadir.
Celui-ci rajoute que la grève de la faim sert aussi à sensibiliser les gens d’affaires qui cherchent à investir en Iran.
«Le Canada est un des pays avec lesquels l’Iran est en relation de négociation intense. Il y a ici un enjeu politique entre ces deux pays. […] Nous espérons que le gouvernement du Canada pourra utiliser cette opportunité pour joindre l’action à la parole. » – Amir Khadir, député de Québec solidaire, qui a entrepris une grève de la faim de 48 heures
Mme Machouf a d’ailleurs tenu à rappeler que la famille de l’enseignante universitaire montréalaise Homa Hoodfar est toujours sans nouvelle d’elle depuis son arrestation dans ce pays, le 6 juin.
On ne connaît d’ailleurs pas plus les accusations qui ont été retenues contre elle. Selon la nièce de Mme Hoodfar, elle aurait été arrêtée alors qu’elle séjournait dans ce pays pour des raisons personnelles. La professeure menait entre autres des recherches sur la situation des femmes dans les pays majoritairement musulmans.
«Elle allait en Iran peut-être deux ou trois fois par an et elle n’a jamais eu de problème, a affirmé Mme Machouf, qui connaît Mme Hoodfar. Elle n’a pas d’accès à un avocat, la famille n’est au courant de rien. Ils disent qu’elle a été condamnée, mais condamnée de quoi?»
Mme Machouf soutient que Mme Hoodfar «ne faisait pas de politique». M. Khadir croit que son sujet de recherche a été utilisé comme «prétexte» pour l’arrêter.