Émeute à Victoriaville en 2012: un policier blâmé
L’agent de la Sûreté du Québec, Marc Brunelle, a été blâmé par le Commissaire à la déontologie policière pour avoir utilisé son fusil à balles de plastique sans «prudence et discernement» lors d’une manifestation survenue à Victoriaville, le 4 mai 2012.
Le rassemblement étudiant, tenu en marge d’une réunion du caucus libéral, avait donné lieux à des affrontements musclés entre manifestants et policiers. Ces derniers avaient utilisés des gaz irritants et des projectiles de plastiques. Quelques étudiants avaient alors été blessés.
L’agent Brunelle aurait effectué dix tirs et a atteint trois manifestants qui «n’étaient aucunement menaçants pour les policiers», souligne le rapport du commissaire. Deux d’entre eux, qui ont subi des blessures graves, n’avaient rien dans leurs mains, alors que la troisième était en possession de son cellulaire et d’un maracas.
L’arme, un Arwen 37, est utilisée pour atteindre des cibles situées à plus de 20 mètres, explique-t-on dans le rapport. Or, les manifestants atteints se trouvaient à moins de 10 mètres du policier. «De toute évidence, l’agent Burelle a tiré trop haut», atteignant deux manifestants au visage, ajoute le commissaire.
Dominique Laliberté-Martineau a subi une fracture de la mâchoire, tandis qu’Alexandre Allard a subi une fracture du crâne et une double commotion cérébrale. Celui-ci en garde des séquelles encore aujourd’hui.
Soulignant les rapports de police contradictoires, le commissaire estime que l’agent «était dépassé par les événements, n’ayant aucun souvenir concernant l’utilisation de son arme d’impact».
Le rapport rappelle d’ailleurs que l’agent Brunelle, bien que formé au contrôle de foule, n’avait jamais utilisé l’arme d’impact Arwen avant cette manifestation et ne l’a pas réutilisée depuis.
Sa sanction sera déterminée ultérieurement, dans le cadre d’une audience du Commissaire à la déontologie.