Le conflit étudiant éclipsé par la campagne électorale
Bien que la campagne électorale actuelle ait été déclenchée sur fond de crise étudiante, la question n’est pas devenue un enjeu électoral. La question n’a été qu’effleurée au cours des débats des chefs de la semaine.
À l’image des débats, l’éducation peine à se tailler une place dans la campagne électorale. «On n’a presque pas traité du conflit étudiant, sinon pour parler de la rue et d’intimidation», déplore Martine Desjardins, présidente de la Fédération universitaire étudiante du Québec (FEUQ). Mme Desjardins espérait que le contexte aurait, au moins, mis les projecteurs sur l’éducation en général.
Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE, est également déçue que la richesse des réflexions liées au soulèvement détudiant au cours du conflit ait été évacuée des débats. « On n’a jamais parlé de l’économie du savoir ou de marchandisation de l’éducation, et ce sont des enjeux très importants, car c’est le nœud du problème», explique-t-elle. «C’est dommage de constater le peu de vision en éducation dans un contexte où ça a fait les manchettes pendant 6 mois», ajoute Mme Desjardins.
Le fait que les chefs de partis ont évité le sujet traduit, aux yeux de Mme Desjardins, un manque de leadership et une déresponsabilisation de la classe politique. «Je n’ai entendu qu’une fois Mme Marois dire qu’elle réglera le conflit étudiant», soutient-elle.
Factures à payer
Les étudiants ont commencé à recevoir leurs factures (qui tiennent compte de la hausse annuelle de 254 $) pour payer leur session d’automne alors qu’elle ne commence que le 1er octobre. La FEUQ se dit inquiète que certaines universités demandent aux étudiants de payer leurs droits de scolarité avant même le début des classes et suggère d’attendre le résultat des élections avant de s’acquitter de leurs factures.