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La CAQ éliminerait 5000 postes de la fonction publique

When Coalition Avenir Quebec Leader Francois Legault recently dismissed the Montreal mayor's popular plan for a new subway line, he didn't feel it necessary to even pay lip service to the idea. Legault responds to a question during a news conference in Longueuil, Que., on Tuesday, July 31, 2018. THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson Photo: Paul Chiasson/La Presse canadienne
Caroline Plante, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

QUÉBEC — Un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) éliminerait 5000 postes de la fonction publique, a annoncé François Legault lors de son passage à Québec, mardi.

La CAQ entend profiter des départs à la retraite de 36 000 employés de l’État au cours des quatre prochaines années pour couper le nombre de postes administratifs et ainsi réduire la bureaucratie.

Cela se traduirait par une économie de 380 millions $ sur quatre ans, selon les calculs de la CAQ.

En point de presse sur une terrasse surplombant des édifices gouvernementaux, M. Legault a dit croire qu’à l’heure actuelle, 5000 postes (ou 1 pour cent des effectifs du secteur public) sont actuellement de trop.

«Ce sont des gens qui écrivent des rapports à d’autres gens qui écrivent des rapports qui, finalement, (…) servent à alimenter une bureaucratie qui n’est pas nécessaire», a-t-il soutenu.

Cette déclaration a aussitôt fait bondir le représentant du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), qui était sur place pour l’occasion. Un message «populiste et électoraliste», s’est-il offusqué.

«Je n’ai aucun de mes membres qui est inutile au niveau des services à la population, a déclaré Christian Daigle, président-général du SFPQ. Est-ce qu’un garde du corps de M. Legault, qui ne donne pas un service à la population, est inutile?»

Au contraire, soutient M. Daigle, le gouvernement doit embaucher plus de personnel. «On manque d’agents de secrétariat dans les ministères, on manque de techniciens en informatique, on manque d’inspecteurs aussi. (…) Qu’on m’explique c’est où ce trop lourd là, c’est où qu’on est en surplus d’effectifs.»

Pour lui, ne pas remplacer 5000 postes dans la fonction publique réduirait assurément l’offre et la qualité des services à la population.

«C’est sûr que les services à la population vont être touchés d’une façon ou d’une autre, a-t-il argué. Les gens qui vont prendre leur retraite ne sont pas seulement des gens qui font des rapports sur des rapports comme M. Legault veut le dire. C’est un inspecteur, un technicien, des gens qui donnent de l’aide sociale.»

M. Daigle a reçu l’appui bien senti du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne, il a dit trouvé «réducteur» le discours du chef caquiste.

«Il faut bien installer (l’informatisation du réseau de la santé), il faut bien maintenir tout ça, il faut bien faire évoluer tout ça», a-t-il plaidé, en disant être en mode «embauche».

Depuis qu’il est en poste, M. Barrette a lui-même considérablement réduit le nombre de cadres dans le réseau, après l’adoption de la loi 10 au Québec.

5000 postes à éliminer au lieu de…20 000

N’empêche, le chef de la CAQ assure que sa proposition est raisonnable. Mardi, il a expliqué avoir mis «de l’eau dans son vin» et être plus «réaliste et conservateur» qu’en 2014, alors qu’il promettait plutôt d’éliminer 20 000 postes.

Il n’a pas exclu cependant d’aller éventuellement plus loin. «On va commencer dans les quatre prochaines années par ces 5000 postes», a-t-il dit.

Par ailleurs, le chef caquiste a affirmé faire cette annonce à Québec, car ses résidants sont le plus à même de constater le «gaspillage» dans la fonction publique.

«Je me suis souvent posé la question: « Pourquoi nos propositions pour plus d’efficacité sont mieux reçues à Québec? » Je pense que les gens de Québec sont très conscients justement qu’il y a des gains d’efficacité à faire», a-t-il déclaré.

Au total, la CAQ croit qu’elle serait en mesure de sabrer 1,2 milliard $ dans les dépenses du gouvernement d’ici la fin de son premier mandat.

La formation politique s’engage également à regrouper les 400 Centres de traitement informatique et les services en technologies de l’information, à numériser les services administratifs du gouvernement, et à réduire d’au moins 10 pour cent les coûts d’approvisionnement en biens et services du gouvernement.

À terme, estime la CAQ, ces mesures combinées permettront des économies de 800 millions $ d’ici quatre ans.

Un gouvernement du Parti québécois (PQ) serait plus souple, a réagi le chef de la formation, Jean-François Lisée, qui était également de passage à Québec.

«Si vous avez 90 jours pour remettre un certificat d’autorisation en environnement, vous allez être valorisé si vous le remettez en 10 jours, a-t-il illustré. C’est comme ça qu’on veut transformer la fonction publique.»

Pour sa part, le candidat caquiste Youri Chassin, un économiste qui travaillait à l’Institut économique de Montréal, ne croit pas que la CAQ essaie de réduire la taille de l’État.

«Ce n’est pas tant une réduction de la taille de l’État qu’une coupure de postes par attrition, a-t-il déclaré. C’est une question d’épargner des services et même de les bonifier pour que les décisions soient davantage à proximité des besoins. Autrement dit, il n’y a pas de question de taille, c’est une question de qualité de services.»

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