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Dix Patriotes de l’année pour 2012

Photo: Yves Provencher/Métro

Une dizaine de personnalités publiques ont reçu le prix du Patriote de l’année 2012 mardi, afin que leur engagement dans le développement de la nation québécoise soit récompensé.

Le prix, qui est habituellement remis par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal à une seule personnalité, a été décerné à dix lauréats, pour souligner le 175e anniversaire du soulèvement des patriotes, en 1837.

L’ancienne présidente de la CSN Claudette Carbonneau, le metteur en scène Dominic Champagne, l’humoriste Louis-José Houde, la députée du Bloc québécois Maria Mourani, le conteur Fred Pellerin, l’animateur Jasmin Roy et l’animatrice Julie Snyder sont tour à tour montés sur scène pour recueillir leur prix. La metteure en scène Brigitte Haentjens, le Dr Gilles Julien et l’ancienne ministre Louise Beaudoin ne pouvaient pas être présents, mais ont accepté leur prix par le biais d’une courte vidéo.

Métro a demandé à quatre récipiendaires de partager leur vision du Québec et de leur titre de patriote.

Claudette Carbonneau : continuer le combat
La syndicaliste québécoise a été la première femme à devenir présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Elle a quitté son poste en 2011. La SSJB a tenu à récompenser Mme Carbonneau pour les combats qu’elle a livrés pour la démocratie québécoise. Celle-ci s’est dite touchée de recevoir cet honneur, elle-même étant l’arrière-petite-fille d’un patriote de Saint-Eustache. «Dès l’âge de cinq ans, mon grand-père m’amenait à l’église de Saint-Eustache et me racontait cette histoire fabuleuse, ce grand rêve inachevé des patriotes», se souvient Mme Carbonneau. Pour elle, le Québec est un peuple fier. «On est une société qui a connu des difficultés extrêmement importantes, et je pense que ça va laisser chez nous un héritage de nécessaire solidarité», ajoute-t-elle.

Maria Mourani : passer le flambeau
La députée du Bloc québécois, qui a résisté à la vague orange aux dernières élections fédérales de 2011, a été nommée par la SSJB pour son engagement perpétuel pour le Québec depuis son arrivée de la Côte d’Ivoire, en 1988. Maria Mourani a d’ailleurs tenu à accepter ce prix au nom de son père, qui lui a transmis cet amour du Québec et cette volonté d’en faire une nation, avant de mourir. «J’accepte cette médaille au nom de tous ceux qui sont partis sans avoir vu l’indépendance du Québec», a-t-elle ajouté. Le Québec, c’est… son pays, tout simplement! C’est pourquoi elle transmet cette volonté et cet amour à ses enfants, mais aussi à tous les jeunes du Québec. «Ceux qui ne sont pas nés au Québec, ceux qui sont nés au Québec, mais qui ont d’autres origines, qui ne se sentent parfois pas Québécois, parce qu’ils vivent de l’exclusion ou de la discrimination… J’essaie de leur transmettre le fait que l’indépendance du Québec, c’est aussi leur lutte, comme celle de tous les Québécois.»

Louis-José Houde : l’amour de la langue
L’humoriste chéri des Québécois a fait une tournée canadienne au printemps dernier, parmi toutes les communautés francophones, ainsi qu’une série de spectacles à Paris. La SSJB a tenu à récompenser Louis-José Houde pour son souci de faire rayonner la langue française, ici et ailleurs. Celui qui se définit comme un amoureux de la langue française s’est dit surpris et flatté de cet honneur. «Bon, peut-être que s’il y a avait eu seulement cinq lauréats, je ne serais pas là!» s’exclame-t-il en riant. L’humoriste était très honoré que la SSJB ait remarqué son engagement pour la langue française. «Être récompensé publiquement pour ce qu’on fait quotidiennement… on est des grands chanceux! Et il y a des fruits de mer gratuits… c’est une journée parfaite!» ajoute-t-il en jetant un regard à son assiette. «Pour moi, le français ici est une langue riche, belle et qu’il ne faut vraiment pas perdre. Si ça continue comme ça, dans 50 ans, on va être assimilés, et c’est ça qui me fait très peur. J’essaie de faire ce que je peux pour donner le goût aux gens de parler un beau français, parce que pour moi, c’est notre langue, qui est ce qu’il y a de plus important ici.»

Dominic Champagne : un rassemblement pour une patrie
Le metteur en scène, auteur et activiste a été récompensé pour son rayonnement à l’étranger autant que pour son engagement citoyen. Dominic Champagne, en plus d’avoir notamment mis en scène un spectacle du Cirque du Soleil à Las Vegas, a milité pour un moratoire sur le gaz de schiste et organisé le rassemblement monstre du 22 avril dernier à Montréal, lors du Jour de la Terre. Il était d’abord heureux de partager cet honneur avec neuf autres compatriotes, puisque dans l’idée de patrie, il y a d’abord un besoin de rassemblement. À l’heure où le Québec est dirigé par un gouvernement minoritaire, Dominic Champagne estime que les Québécois «ont besoin d’un rendez-vous collectif, qui transcende les vieux clichés». «J’ai envie de croire que l’idée de la patrie n’appartient pas à un groupe en particulier, mais à tout le monde, ajoute-t-il. Je pense que le signe, qui est envoyé, c’est qu’on est du monde différent, mais on est capable de partager un même espace et une même volonté de faire en sorte que le cœur de ce pays batte.»

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