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17:17 26 novembre 2018 | mise à jour le: 26 novembre 2018 à 18:48 temps de lecture: 3 minutes

Environnement: Legault doit se reprendre, selon Greenpeace

QUÉBEC — François Legault a l’obligation de se reprendre, dans son discours inaugural de mercredi, pour son «rendez-vous manqué» à la Conférence internationale des Nations unies sur les changements climatiques, la COP24, qui s’amorce la semaine prochaine.

Greenpeace déplore ainsi l’absence annoncée du premier ministre à ce sommet international annuel auquel plusieurs de ses prédécesseurs ont participé. En effet, c’est plutôt la ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, qui représentera le Québec à la COP24 à Katowice, en Pologne.

«C’est un rendez-vous manqué», a regretté le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, en entrevue avec La Presse canadienne lundi.

«Le Québec aurait pu lancer un message fort à l’international en envoyant son premier ministre. (…) Il aurait pu faire contrepoids à des parias comme (le premier ministre de l’Ontario) Doug Ford en matière environnementale.»

«Mal informé»
L’organisme écologiste constate que M. Legault est «mal informé» sur les changements climatiques, en appuyant le projet de pipeline de gaz naturel qui doit se rendre au Saguenay, ou encore le projet d’usine d’urée et de méthanol à Bécancour.

Le porte-parole de Greenpeace a donc souhaité que le premier ministre caquiste corrige le tir dans son discours inaugural en démontrant que son gouvernement atteindra ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) de 2030, des cibles que le Québec est en voie de manquer.

«Il ne faut pas mettre les bouchées doubles, on est rendu à mettre les bouchées triples, a imagé M. Bonin. On doit tripler notre rythme de réduction des GES si on veut atteindre nos objectifs.»

Il se base sur le tout dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce document commandé par les États signataires de l’Accord de Paris recommande d’agir de toute urgence et d’aller au-delà des engagements précédents pour contrer des bouleversements irréversibles, qu’il est encore possible d’éviter.

«Ce sera extrêmement difficile, mais des solutions existent», a assuré M. Bonin.

Un «rôle majeur» à jouer
Greenpeace s’attend à ce que le Québec réaffirme sa volonté sans faille de respecter sa cible de réduction des gaz à effet de serre pour 2030 et qu’il annonce des mesures dans ce sens à Katowice.

L’organisme réclame aussi une loi contre le «déficit climatique» pour mieux contrôler le bilan GES. M. Bonin soutient aussi que le Québec doit jouer un «rôle majeur» parmi les États fédérés présents, les provinces, villes, etc.

Greenpeace ajoute ainsi sa voix à d’autres organisations et au front commun des partis d’opposition, qui accentuent la pression sur ce qui est considéré comme le maillon faible du programme du gouvernement Legault, soit l’environnement.

Cela s’ajoute à la grande marche récente à Montréal et dans d’autres villes pour la transition énergétique, ainsi que la pétition lancée par le mouvement du Pacte pour la transition, dont le porte-parole Dominic Champagne a rencontré M. Legault, le 9 novembre dernier.

«Le gouvernement Legault part de très loin en environnement, a conclu M. Bonin. Il faut qu’il reparte du bon pied dans son discours inaugural. S’il est sérieux, il doit changer son fusil d’épaule.»

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