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John McCallum commente encore l’affaire Huawei

VANCOUVER — Selon un article publié par un média de Vancouver, l’ambassadeur du Canada en Chine aurait déclaré que ce serait «bien pour le Canada» que les États-Unis abandonnent leur demande d’extradition de la directrice financière de Huawei. Une sortie qui survient au lendemain de ses excuses pour avoir maladroitement commenté ce dossier politiquement explosif.

StarMetro Vancouver rapporte que John McCallum a fait ce commentaire vendredi à l’un de ses journalistes lors d’un déjeuner caritatif organisé dans le centre-ville.

«Du point de vue du Canada, si (les États-Unis) abandonnaient la demande d’extradition, ce serait bien pour le Canada», a-t-il déclaré au reporter.

Jeudi, l’ambassadeur McCallum a dû s’excuser publiquement, reconnaissant avoir commis une erreur en début de semaine lorsqu’il a énuméré à des journalistes sinophones à Toronto des arguments qui pourraient aider Meng Wanzhou à éviter l’extradition.

Le chef conservateur Andrew Scheer avait immédiatement réclamé son congédiement auprès du premier ministre Justin Trudeau, affirmant que ces propos soulevaient des doutes sur la politisation de l’affaire Meng. Justin Trudeau s’était alors porté à la défense de McCallum.

Le premier ministre a fait valoir que la priorité du gouvernement est de permettre aux Canadiens détenus en Chine, Michael Kovrig et Michael Spavor, de rentrer chez eux en toute sécurité, ainsi que de veiller au respect de leurs droits. Il a souligné que de rappeler l’ambassadeur John McCallum n’aiderait pas à atteindre cet objectif.

D’après les déclarations de John McCallum rapportées vendredi, il aurait soutenu que si les États-Unis et la Chine devaient parvenir à un accord, cela devrait également entraîner la libération des deux Canadiens.

«Nous devons nous assurer que si les États-Unis concluent un tel accord, il doit inclure la libération de nos deux ressortissants. Les États-Unis en sont très bien conscients», a-t-il confié au StarMetro.

Affaires mondiales Canada n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

La directrice financière du géant technologique chinois Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre en vertu d’un mandat américain. Les États-Unis la soupçonnent d’avoir cherché à contourner, par le biais d’une filiale, les sanctions commerciales imposées à l’Iran.