Le NPD veut revoir les frais de cartes de crédit
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande au gouvernement conservateur de légiférer sur les frais que réclament les compagnies de carte de crédit aux détaillants. Pour certaines cartes, ils atteignent jusqu’à 3% du montant de la transaction.
«Ces frais de transaction [au Canada] sont parmi les plus élevés au monde», a déclaré jeudi le porte-parole en matière de finances du NPD, Guy Caron. Il a rapporté que ces frais totalisent de 2,5 à 3G$ par année, d’après des estimations conservatrices.
Pour convaincre le gouvernement conservateur de se pencher sur cette problématique, le NPD lance une campagne nationale pour informer la population des conséquences de leur choix de paiement lorsqu’elle achète des biens et des services.
Les frais que facturent les compagnies de carte de crédit aux détaillant varient selon la carte utilisée. Le plafond de ces frais a bondi de 1,65% à 3% pour chaque transaction depuis environ cinq ans, d’après la vice-présidente de l’Association des hôteliers du Québec, Danielle Chayer. «Comme ce sont des pourcentages, le commerçant ne peut pas refiler la facture au client et il ne souhaite pas le faire, a-t-elle affirmé. Ce sont des coûts irrécupérables. Ils ont un effet direct sur la marge bénéficiaire.»
Le vice-président de l’Association des détaillants en alimentation du Québec, Pierre-Alexandre Blouin, a rapporté qu’un de ses membres paie 180 000$ par année aux compagnies de carte de crédit. Environ des 20% des achats faits dans son établissement sont réglés à l’aide d’une carte de crédit. «Si les transactions par carte de crédit continuent d’augmenter au même rythme – autour de 15% à 20% par année – il va se retrouver avec une facture 400 000$ par année. Et il n’aura pas plus de ventes», a dit M. Blouin.
Les cartes de crédit qui permettent d’amasser des points et ainsi recevoir des cadeaux expliqueraient la hausse des frais. «Les consommateurs sont très heureux de recevoir des primes, mais ils ne réalisent pas que ce n’est pas la compagnie de carte de crédit qui financent ces primes», a fait savoir M. Caron.
«Il faut établir ce qu’est un taux raisonnable, a ajouté Pierre-Alexandre Blouin. On est prêt à payer pour un service que l’on reçoit, mais actuellement, ce n’est plus un service que l’on reçoit.»
La sénatrice libérale Pierrette Ringuette a déposé un projet de loi au Sénat au mois de décembre afin de limiter les frais qu’imposent les compagnies de carte de crédit aux détaillants à un demi pourcent.
Métro a tenté de rejoindre les compagnies de crédit Visa et MasterCard pour savoir comment elles justifient ces frais qu’elles imposent aux commerçants et si elles envisageaient de les revoir à la baisse. Au moment de mettre en ligne, elles n’avaient pas répondu à nos appels ni à nos courriels.