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Le projet de loi 31 bien accueilli par les pharmaciens, qui demandent toutefois plus de moyens

Le projet de loi 31 bien accueilli par les pharmaciens, qui demandent toutefois plus de moyens
Photo: Josie Desmarais/MétroLe projet de loi 31 propose diverses modifications législatives qui donnent le droit aux pharmaciens de prescrire et d'administrer des vaccins aux adultes ainsi qu’aux enfants de plus de 6 ans.

Si les organisations représentant les pharmaciens accueillent avec enthousiasme et soulagement le projet loi 31 devant permettre à ces professionnels d’avoir plus de pouvoirs – notamment en matière de vaccination et de prescription de médicaments – elles demandent aussi plus de moyens pour faciliter l’accès aux services de santé.

«Il y a plusieurs choses intéressantes dans le projet de loi. C’est une excellente nouvelle pour la population», a expliqué jeudi à Métro le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OQP), Bertrand Bolduc.

Déposé par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le projet de loi propose diverses modifications législatives qui donnent le droit aux pharmaciens de prescrire et d’administrer des vaccins aux adultes ainsi qu’aux enfants de plus de 6 ans.

Selon M. Bolduc, le Québec arrive donc «au même niveau que les autres provinces canadiennes», où les pharmaciens ont déjà la capacité de vacciner.

Le projet de loi permettrait aussi aux pharmaciens d’ajuster et de prolonger une prescription faite par des dentistes, des optométristes ou des infirmières, ainsi que les médecins à l’extérieur du Québec, «ce qui donne un meilleur accès aux soins», a souligné M. Bolduc, ajoutant que les pharmaciens pourront également prescrire des médicaments en vente libre.

Selon le vice-président exécutif et directeur général chez l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Bourcier, cela simplifiera aussi la vie de plusieurs Québécois, notamment les parents d’enfants en centre de la petite enfance (CPE) ainsi que les personnes âgées.

«Les éducatrices et les préposés vont se sentir plus à l’aise d’administrer ce médicament, car il va avoir été prescrit par un professionnel de la santé», a-t-il illustré.

La directrice générale de la Fédération des pharmaciens du Québec (FPQ), Thina Nguyen, a jugé que ces nouvelles activités permettront aux pharmaciens, qui sont présentement «sous-utilisés», de contribuer à l’amélioration des soins de première ligne.

«Plutôt que d’aller en clinique ou à l’urgence, les patients pourront venir nous voir pour avoir la même chose. On sauve ainsi des coûts au système de santé, mais on sauve aussi du temps aux patients, car les pharmaciens sont disponibles sept jours sur sept, jour, soir et fin de semaine», a-t-elle mentionné.

Du temps, des moyens
Avant que le tout soit mis en place, les organisations s’entendent pour dire qu’il faut donner aux pharmaciens «les moyens de mettre en place le projet».

«C’est un projet de loi qui est relativement simple, mais il y a beaucoup de modalités encore à être mises en place», a laissé savoir Jean Bourcier.

Parmi celles-ci, Thina Nguyen a évoqué une rémunération adéquate pour implanter ces nouveaux services, mais aussi que les actes soient assurés par l’assurance maladie et non l’assurance médicament, pour éviter des frais aux patients «comme la franchise et la coassurance».

«Ces deux points ont été des obstacles majeurs lors de l’implantation de la loi 41 et ça a freiné l’accessibilité des soins de santé en pharmacie», a-t-elle rappelé.

«On est vraiment très contents, mais il reste juste à voir de quelle manière on va encadrer ce projet de loi et de quelle manière il va être appliqué», a fait valoir M. Bourcier.