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L’amitié de Jocelyn Dupuis coûtait cher à Borsellino

Photo: www.ceic.gouv.qc.ca

Condo, voyages et soupers au restaurant, l’amitié de Jocelyn Dupuis, alors directeur-général de la FTQ-Construction, avait un prix. Si d’entrée de jeu, Giuseppe (Joe) Borsellino a reconnu mardi que l’homme était son ami, il a été difficile de lui faire dire pourquoi il était si généreux avec lui.

Le procureur de la Commission Charbonneau, Me Simon Tremblay, a demandé au témoin s’il avait déjà reçu l’aide de M. Dupuis pour obtenir des contrats. Depuis mardi le président de Garnier Construction soutenait qu’il ne s’en souvenait pas.

Après avoir tissé sa toile, le procureur a finalement déposé en preuves des écoutes électroniques entre M. Borsellino et Jocelyn Dupuis obtenues dans le cadre de l’opération Diligence de la Sureté du Québec (2007-2009).

Les conversations entendues ont été enregistrées en octobre et en novembre 2008. On apprend que M. Dupuis a aidé son ami pour tenter d’obtenir un contrat de 40 M$ pour la réfection d’une usine de Rio Tinto Alcan au Saguenay.

Pourtant, M. Dupuis n’était plus à la FTQ-Construction depuis septembre 2008, mais il affirme dans l’enregistrement qu’il a encore ses entrées. M. Borsellino n’avait toutefois pas réussi à obtenir le contrat.

Par la suite, le témoin a persisté à dire qu’au «meilleur de [s]on souvenir », il ne se souvenait pas si M. Dupuis l’avait aidé à d’autres occasions. «Vos réponses vagues et imprécises ne vous mèneront nulle part », l’a mis en garde France Charbonneau.

L’entrepreneur a reconnu avoir offert des billets de hockey à M. Dupuis, en plus de lui prêter son condo du 1000, rue de la Commune pendant 3 ans. M. Borsellino a aussi organisé et payé un voyage en Italie, en 2008. MM. Dupuis et Borsellino étaient accompagnés d’Yves Lortie de la firme de génie Génivar et de Robert Marcil, alors directeur à la Réalisation des travaux de la Ville de Montréal.

Pourquoi être si généreux? M. Borsellino a émis l’hypothèse que M. Dupuis était son ami et qu’il aurait peut-être profité de cette amitié pour obtenir des cadeaux. Il a admis plus tard en journée que ces cadeaux représentaient du «développement des affaires».

M. Trottoir à la commission
Nic Milioto sera vraisemblablement le prochain témoin entendu devant la commission. Il a été aperçu mardi dans les couloirs et dans la salle d’audience. Selon Lino Zambito, M. Milioto était l’intermédiaire entre les entrepreneurs et la mafia et récoltait les cotes de 3%. Il a été vu 236 fois au repaire du clan Rizzuto, le Consenza, entre 2004 et 2006. M. Milioto est surnommé M. Trottoir, car il possédait l’entreprise de pavage Mivela.

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