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Des jeunes font le voeu de ne pas faire d’enfant face à l’urgence climatique

Des jeunes font le voeu de ne pas faire d’enfant face à l’urgence climatique
Photo: Getty Images/iStockphotoPaysage matinal à Hamilton en Ontario

Plusieurs milliers de personnes à travers le monde se joignent à la voix d’une jeune canadienne et prennent l’engagement de ne pas avoir d’enfant tant et aussi longtemps que les gouvernements n’agissent pas sur les questions climatiques.

La pétition #NoFutureNoChildren (Pas d’avenir, pas d’enfant) a trouvé son origine chez la jeune Emma Lim, 18 ans, de London en Ontario. Au moment d’écrire ces lignes, son site Web avait rassemblé des appuis de plus de 1400 personnes à travers la planète.

«Je dois abandonner mes chances de bâtir une famille parce que je ne peux me permettre d’avoir des enfants dans un monde aussi instable, avance la jeune militante sur le site Web. Cette réalisation me brise le cœur mais je me soumets à cette décision parce que j’ai la certitude que je ne suis pas seule.»

Emma Lim profite de la campagne électorale pour apostropher les partis politiques. «Nous avons compris ce que détermine la science, et maintenant nous demandons à notre gouvernement d’agir», affirme-t-elle dans son message.

Parmi les signataires, on compte la jeune militante Sara Montpetit, figure de proue des manifestations des étudiants du secondaire à Montréal

«Je veux que mes enfants puissent voire la beauté du monde qu’il nous reste. Pourquoi mettre au monde la vie si je ne sais même plus, à ce jour, ce qu’il va nous en rester?» demande-t-elle.

L’effet écoanxiété

Plusieurs des personnes derrière #NoFutureNoChildren font part de leur «écoanxiété» face à la crise climatique. «Ce n’est pas que je ne veux pas avoir d’enfant, mais je ne lui souhaiterais pas non plus une vie d’attaques d’écoanxiété», plaide Naia Lee, 16 ans, de Vancouver.

Le phénomène d’écoanxiété est de plus en plus documenté. La semaine dernière, la professeure agrégée à l’École de psychologie de l’Université de Moncton Jalila Jbilou expliquait dans nos pages la prolifération grandissante de cette condition.

«Il y a des gens qui sont vraiment anxieux et préoccupés et à la limite terrorisés par ce qui va arriver», avait-elle expliqué.

Une explication appuyée par une spécialiste du phénomène, Amélie Côté, qui est aussi la cofondatrice de la coopérative environnementale Incita.

«C’est un phénomène qui peut avoir des manifestations similaires aux personnes anxieuses. Ce sont des émotions qui se manifestent en lien avec la situation environnementale», constate Mme Côté.

Prise d’action

Mme Côté remarque que de plus en plus de jeunes subissent de l’écoanxiété. «La contrepartie, c’est le levier d’action. Ce n’est pas pour rien qu’on voit de plus en plus de collectifs de jeunes parce que prendre action est un moyen actif de contrer l’écoanxiété», analyse l’experte.

Une hypothèse appuyée par Isabelle Grondin-Hernandez, porte-parole du Devoir environnemental collectif (DEC), un mouvement étudiant dans les cégeps de la province.

«L’écoanxiété va s’amplifier quand tu n’agis pas. C’est un sentiment qu’on a, mais qu’on ne veut pas avoir», remarque l’étudiante au Cégep Marie-Victorin.

«On ne sait pas au courant des prochaines décennies, ce que seront les conséquences de la crise climatique sur l’humanité, poursuit Amélie Côté. C’est un contexte qui peut être stressant.»