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05:00 14 février 2020 | mise à jour le: 16 février 2020 à 17:30

Travailleurs autonomes: l’IEDM craint des pertes d’emplois si le Québec emboîte le pas à la Californie

Travailleurs autonomes: l’IEDM craint des pertes d’emplois si le Québec emboîte le pas à la Californie
Photo: Pablo Ortiz | MétroLes chauffeurs d'Uber au Québec ont souvent des conditions de travail précaires.

De nombreux travailleurs autonomes pourraient perdre leur emploi si le Québec emboîte le pas à la Californie en adoptant une loi visant à leur accorder des avantages sociaux, prévient l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Depuis le 1er janvier, une nouvelle loi est en vigueur dans l’État américain qui donne le statut d’employés aux travailleurs autonomes. L’objectif est d’améliorer les conditions de travail des salariés en leur garantissant certains avantages sociaux, comme une assurance chômage, un salaire minimum et des congés maladie payés.

Cette nouvelle loi a mené à des «licenciements massifs», notamment de pigistes dans le secteur des médias, fait valoir l’IEDM. Cela serait attribuable à l’obligation des employeurs d’offrir des avantages sociaux à tous leurs employés, ce qui en inciterait certains à en embaucher moins.

«On rend de plus en plus inaccessible l’accès au marché de l’emploi et ça peut avoir des effets pervers sur les employés les plus précaires, les plus à risque», a expliqué en entrevue à Métro le coauteur d’une note publiée jeudi par le think thank, Daniel Dufort.

Le cas d’Uber

En novembre dernier, la Cour suprême du Canada a entendu l’audience d’une cause impliquant Uber. David Heller, un chauffeur-livreur d’Uber Eats, a tenté de lancer une action collective pour forcer la société à reconnaître les conducteurs qui travaillent pour celle-ci comme étant des employés bénéficiant de certains avantages sociaux. La multinationale a d’abord contesté cette demande devant la Cour supérieure de l’Ontario.

«Avec une cause judiciarisée en Ontario, ça me semble écrit dans le ciel que si [les employés d’Uber] gagnent, quelqu’un va essayer d’exporter ça au Québec», estime M. Dufort. 

Si l’IEDM craint cette perspective, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) voit celle-ci d’un bon oeil.

«La dégradation des conditions de travail dans l’univers du capitalisme de plateforme est assez claire», estime le chercheur Guillaume Hébert, qui déplore la situation précaire dans laquelle de nombreux travailleurs autonomes se trouvent en raison de l’absence d’avantages sociaux. 

Selon Statistique Canada, l’économie sur demande, qui est notamment associée aux plateformes Uber, Lyft et TaskRabbit, a créé 60 000 emplois entre 2005 et 2016.

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