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10:27 17 février 2020 | mise à jour le: 17 février 2020 à 16:25

Québec et les Cris signent un protocole d’entente sur le développement économique

Québec et les Cris signent un protocole d’entente sur le développement économique
Photo: Josie Desmarais/MétroAbel Bosum et François Legault, lundi matin

Québec et la nation crie se sont entendus lundi sur un «protocole d’entente» d’une durée de 30 ans pour assurer la «stabilité» du développement économique et social à long terme de la région d’Eeyou Istchee Baie-James.

Prolongement du réseau ferroviaire au nord du Québec pour réduire le recours au camionnage, formation de la main-d’œuvre locale, désignation de nouvelles aires protégées, partage d’infrastructures ou encore électrification de projets industriels; la nouvelle entente ratisse large.

Disant vouloir entamer «un nouveau chapitre» dans la relation de confiance et de collaboration entre le Québec et les Cris, le premier ministre François Legault a soutenu que «ce protocole d’entente est la preuve qu’il est possible de travailler ensemble sur des projets de développement socio-économiques ambitieux» et de «tirer profit de l’immense potentiel minier du Nord québécois».

M. Legault dit vouloir opérer le nouveau plan «au bénéfice de nos deux nations, tout en respectant l’environnement, le territoire et les valeurs autochtones». «Cet équilibre est important», a-t-il fait valoir.

Le premier ministre a aussi souligné qu’il s’était assuré de l’appui de la communauté, et non seulement de ses dirigeants — faisant ainsi référence au litige à la source du conflit concernant Coastal GasLink et la communauté de Wet’suwet’en en Colombie-Britannique.

«Cette entente concerne beaucoup le développement minier du Québec. Les minéraux stratégiques sont très attrayants pour les Américains et les Allemands qui sont très dépendants de la Chine. Il y a beaucoup de projets de lithium, entre autres.» -François Legault, premier ministre du Québec

Le gouvernement espère que la confiance bâtie avec les Cris pourra devenir «un modèle» pour d’autres nations. «Mettre des voies de chemin de fer, ça représente 4,6 G$. C’est un immense projet. Mais en même temps, le nord du Québec est rempli de potentiel», a insisté le PM.

Du sens à l’union

Appelé à réagir, le chef du Grand conseil des Cris, Abel Bosum, a indiqué que le protocole d’entente «donne un véritable sens au partenariat de nation à nation entre les Cris et le Québec» prévu dans la Convention de la Baie-James, puis «réaffirmé par la Paix des braves en 2002».

Québec abonde dans le même sens. Selon le gouvernement, ce pacte s’inscrit «en continuité» avec la Paix des Braves. Le but serait d’aller plus loin en matière de développement du territoire, notamment. La Convention de la Baie-James avait été signée en 1975.

M. Bosum estime que cette entente représente «les premiers pas d’un ambitieux processus de transformation des infrastructures et de l’économie d’Eeyou Istchee».

«C’est un homme d’affaires avant tout. Il veut de l’action», a aussi dit le chef autochtone du premier ministre Legault.

«Ce projet contribuera à exploiter la richesse des ressources naturelles de la région, à créer des emplois et des occasions d’affaires pour les Cris et nos voisins les Jamésiens. Tout en protégeant notre environnement et notre faune. Il ouvre la voie à un avenir radieux pour nos jeunes.» -Abel Bosum, chef du Grand conseil des Cris

Calculer les coûts

Une étude de faisabilité technique et financière sera menée dès le lancement du projet.

L’objectif serait d’évaluer les besoins économiques les plus urgents des populations locales.

Cette étape essentielle à la réussite du projet coûtera quelques dizaines de millions de dollars, a confié François Legault. Le financement sera partagé moitié-moitié entre le gouvernement et les Cris.

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