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11:36 23 avril 2020 | mise à jour le: 23 avril 2020 à 16:00 temps de lecture: 4 minutes

Québec doit autoriser les librairies à vendre «pour emporter», somme une élue

Québec doit autoriser les librairies à vendre «pour emporter», somme une élue
Photo: Chantal Lévesque/Métro

Alors que Québec doit présenter la semaine prochaine son plan de réouverture «graduelle» de l’économie, des élus péquistes somment le gouvernement Legault de permettre aux librairies de rouvrir en mode «pour emporter seulement». Un commerçant montréalais affirme d’ailleurs que la mesure lui donnerait «un peu d’oxygène», ses pertes financières continuant de s’accumuler depuis le début de la pandémie.

«Ça serait une formule gagnante pour tous, autant les lecteurs que les librairies», avance la porte-parole du Parti Québécois en matière de culture, Méganne Perry Mélançon. Pour la députée de Gaspé, il en va d’un respect pour l’artisanat et le commerce local.

«On a eu des discussions avec plusieurs librairies, et ils trouvent ça injuste que les Walmart et les Costco soient les seuls à pouvoir vendre des livres en ce moment. C’est de la concurrence déloyale, tonne l’élue provinciale. On parle d’une mesure qui n’est pas risquée, si on prend les mêmes précautions de santé publique que dans les services essentiels.»

Partout dans le monde, le 23 avril est la Journée internationale du livre et du droit d’auteur.

Peu de risque de contamination?

Selon la péquiste, les taux de contamination sont effectivement «très faibles» dans les librairies au Québec. «Le gouvernement pourrait facilement l’ajouter à sa liste, comme il l’a fait avec les jardineries, les fleuristes et les serres il y a quelques jours», lance-t-elle. Éventuellement, les bibliothèques municipales pourraient aussi rouvrir, si des mécanismes de désinfection sont mis en place pour le retour des livres, ajoute-t-elle.

«On a ici une façon d’encourager nos auteurs et nos artistes de façon très facile dans un contexte difficile. Ça vaut la peine qu’on s’y attarde, surtout que la lecture sera une activité très prisée cet été.» -Mégane Perry Mélançon, députée péquiste

Hier, le premier ministre François Legault a annoncé que la réouverture des entreprises et de l’économie, incluant les écoles, fera l’objet d’un plan gouvernemental la semaine prochaine. Québec espère qu’en annonçant sa démarche à l’avance, les chefs d’entreprise «pourront se préparer à mettre en place les nouvelles directives de santé publique» qui en découleront. «Ça va se faire par régions. On va commencer avec les régions où la situation est très stable», a-t-il indiqué.

Un librairie montréalais applaudit

Pour le propriétaire de la Librairie de Verdun, Philippe Sarrasin, il est temps que le Québec se prononce quant à l’avenir de l’industrie. «On voit des commerces de bières et de chips qui peuvent ouvrir avec beaucoup de clients, et nous on se demande pourquoi nos commerces qui ont pignon-sur-rue font encore exception. La vente en ligne, ce n’est pas rentable. Ce n’est pas ça qui va nous permettre de survivre», explique-t-il.

Fermées depuis le 25 mars, l’ensemble des librairies indépendantes du Québec continuent effectivement de fonctionner avec le commerce en ligne, sous la bannière «Les Libraires». Mais cela n’est pas suffisant. Début avril, le Montréalais envisageait déjà des pertes d’environ 85% de ces revenus ce mois-ci.

«C’est certain qu’une mesure pour emporter, ça nous aiderait beaucoup. Pour moi, une transaction où un client entre, prend son stock et s’en va, c’est cinq fois plus payant que s’il doit m’écrire et que je lui poste ou le fasse livrer.» -Philippe Sarrasin, libraire dans Verdun

Il ajoute que la réouverture progressive des librairies, voire même des bibliothèques municipales en mode «comptoir» permettrait de préparer les employés à un éventuel déconfinement. «Nos travailleurs demeurent quand même craintifs, envisage l’entrepreneur. Il faut que je prépare mon équipe tranquillement, et ça me prend des façons de le faire», conclut-il.

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