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12:55 6 mai 2020 | mise à jour le: 6 mai 2020 à 16:40 temps de lecture: 4 minutes

Jusqu’à 20 000 places «en danger» dans les garderies, s’inquiète un syndicat

Jusqu’à 20 000 places «en danger» dans les garderies, s’inquiète un syndicat
Photo: Josie Desmarais/MétroEn vue du déconfinement, Québec a limité les taux d’occupation des centres de la petite enfance (CPE) et garderies privées.

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) dénonce que le gouvernement Legault refuse de rémunérer les éducatrices qui ne pourront retourner au travail le 11 mai, soit parce qu’elles sont trop âgées ou à risque de contracter le coronavirus. Le ministère de la Famille, lui, parle d’une «situation exceptionnelle» qui demande des sacrifices.

«Il y a plus de 6000 éducatrices qui vont être mises au chômage. On comprend que c’est la santé publique qui impose un arrêt de travail. Or, le risque si on ne les rémunère pas, c’est que ces femmes-là se retrouvent un autre emploi, et que le réseau se retrouve encore plus sous pression», dénonce la présidente de l’organisme, Valérie Grenon.

Selon les données du syndicat, la situation mettrait en danger près de 20 000 places subventionnées dans le réseau, ce qui représente 9% de l’ensemble des capacités disponibles. «Déjà avant la COVID-19, on manquait de 42 000 places pour les enfants au Québec. Il faut absolument rémunérer le personnel inapte à rentrer au travail, pour que celui-ci soit encore avec nous après la crise. Sinon, cette problématique-là va s’accentuer encore davantage dans les prochaines semaines», illustre la porte-parole.

«On ne peut pas se permettre de perdre du personnel qualifié dans notre milieu. Le gouvernement pense à court terme pour sauver quelques sous, au lieu d’investir à long terme pour répondre aux besoins criants. C’est odieux et scandaleux. » -Valérie Grenon, présidente du FIPEQ

«Rien de parfait», avoue Québec

Joint par Métro, l’attaché de presse au cabinet du ministre de la Famille, Antoine de la Durantaye, dit comprendre les préoccupations des éducatrices. «On essaie le plus possible de soutenir notre réseau pour que tout le monde puisse rouvrir efficacement une fois la crise sanitaire terminée», dit-il.

Il reconnaît toutefois que des milliers d’éducatrices se retrouveront sans salaire dans les garderies, le gouvernement ayant choisi de ne plus rémunérer celles qui ne retourneront pas au travail lors du déconfinement. «Ils vont devoir faire appel à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) malheureusement, comme des milliers de Québécois», ajoute M. de la Durantaye.

«La situation est exceptionnelle. Il n’y a rien de parfait. Cela dit, on va continuer de soutenir le réseau jusqu’à ce qu’il revienne à 100%.» -Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre de la Famille

Mercredi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a encouragé les parents du Québec à faire garder leurs enfants à la maison afin de ne pas congestionner le réseau des services de garde. Des propos ont fait sursauter la députée du Parti québécois Véronique Hivon, qui a qualifié l’idée de plan de «dernier recours».

Une pénurie dans les garderies?

Au-delà des enjeux salariaux, la FIPEQ s’inquiète également que dans plusieurs régions, les CPE n’arriveront pas à faire respecter les ratios réglementaires de deux éducatrices formées sur trois.

«Tout indique que nous serons en pénurie de main-d’œuvre dans les prochaines semaines. Le ministre doit agir dès maintenant pour attirer de nouvelles intervenantes en petite enfance», implore Valérie Grenon, soulignant que les 6000 postes à combler doivent être adressés dans un «plan de relance» gouvernemental, et ce rapidement.

En vue du déconfinement, Québec a limité à 30% le taux d’occupation des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées.

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