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05:00 19 octobre 2020 | mise à jour le: 19 octobre 2020 à 07:49 temps de lecture: 3 minutes

À TLMEP, Lafrenière parle de racisme individuel, pas systémique

À TLMEP, Lafrenière parle de racisme individuel, pas systémique
Photo: Capture d'écranInterrogé sur le racisme systémique, l’ancien policier du SPVM a plutôt préféré parler de «responsabilité individuelle.»

Sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche soir, Ian Lafrenière a affirmé ne pas croire que «c’était le système qui avait mené» les professionnelles de la santé à insulter la mère de famille autochtone, Joyce Echaquan, avant son décès. Selon Lafrenière, il s’agirait d’un racisme individuel, et non pas d’un racisme systémique. 

Face aux questions de Guy A. Lepage, le nouveau ministre aux Affaires autochtones s’est présenté comme un homme «d’action», ayant «un plan très clair» de ce qu’il allait faire dès le début de son mandat. 

Lafrenière, interrogé sur le racisme systémique, a plutôt préféré parlé de «responsabilité individuelle.» 

«Oui, il y a des gens qui sont racistes, de la discrimination, du profilage. Mais je ne suis pas d’accord de dire que c’est le système qui les a amenées là», a-t-il déclaré, faisant référence aux professionnelles de la santé ayant proféré des insultes à l’encontre de Joyce Echaquan

À savoir ce qu’il ferait si certaines communautés refusaient de traiter avec lui parce qu’il ne reconnaît pas l’existence de racisme systémique, l’ancien policier du SPVM a répondu que ce serait «à lui de les convaincre.» «Et je le ferai par mes actions.» 

D’ailleurs, sur ce point, l’ex-policier a affirmé avoir «un bon feeling.» 

Des actions concrètes

Occupé à «éteindre des feux» depuis sa nomination, Ian Lafrenière a insisté à plusieurs reprises sur les gestes et actions «concrètes» qu’il s’apprêtait à poser.

«Dans des jours, des semaines. Pas des mois», a-t-il promis, évoquant notamment «de la formation» qui allait être donnée. 

L’objectif, pour lui, est en premier lieu de voir comment il peut faire des changements rapides «ensemble», politiciens et Autochtones, évoquant même un possible «développement économique» avec les communautés. 

Interrogé sur le fait qu’une seule des 142 recommandations de la Commission Viens ait été adoptée, le ministre a affirmé qu’il ne traiterait pas ces recommandations comme «une liste d’épicerie» mais qu’il privilégierait les actions «rapides» et les discussions «profondes». 

De nombreux dossiers sont «à régler» d’urgence, a-t-il affirmé. Comme par exemple le conflit qui opposent des Anichinabés à des chasseurs d’orignaux à la réserve faunique La Vérendrye. «Un problème qui existe depuis des années», dit-il. «Il faut le régler.» 

Le «p’tit» nouveau

Catapulté dans son fauteuil de ministre pour remplacer Sylvie D’amours, «une dame de coeur», assure-t-il, Lafrenière s’est décrit comme «le p’tit nouveau», au sein de 500 ans de connaissance emmagasinés par son Secrétariat

L’ex-policier affirme d’ailleurs encore se retourner pour regarder derrière lui quand on l’appelle «Monsieur le ministre.» «C’est particulier», a-t-il ainsi répété à trois reprises. 

Seule une question concernant sa position sur la possible destitution du directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, n’aura pas généré de réponse claire, en raison de ses liens rapprochés avec ce dernier. 

«C’est une personne pour qui j’ai énormément de respect. Je ne connais pas le rapport, ni ce qu’il aurait pu faire.», a-t-il dit, affirmant qu’il allait prendre le temps de réfléchir à cette question.   

Rappelons que la nomination de Ian Lafrenière a été froidement accueillie par plusieurs associations de femmes autochtones. Celles-ci se sont même dites «sous le choc.»

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