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18:06 9 novembre 2020 | mise à jour le: 9 novembre 2020 à 22:33 temps de lecture: 3 minutes

Québec annule sa présence à une rencontre sur les droits humains

Québec annule sa présence à une rencontre sur les droits humains
Photo: La Presse canadienneLa ministre Nadine Girault

Le gouvernement du Québec s’est officiellement retiré de la rencontre des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des droits humains. Celle-ci doit se tenir les 10 et 11 novembre prochains pour discuter des priorités des gouvernements canadiens en matière de droits humains.

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, devait assister à cette rencontre. Le gouvernement du Québec a toutefois décidé de n’envoyer qu’une observatrice.

L’information a d’abord été diffusée par Amnistie internationale dans un communiqué publié vendredi matin.

«Nous avons été invités à participer à la rencontre. Puisque nous participons, nous avons été informés de cette nouvelle», précise à Métro la responsable des communications de l’organisation, Camille Ducroquet.

Lors de la rencontre, il sera question des préoccupations liées à la pandémie de la COVID-19, au racisme systémique, à l’urgence climatique et à «l’incapacité persistante» de faire progresser une véritable réconciliation avec les peuples autochtones.

Selon Radio-Canada, le gouvernement Legault craint que le fédéral ne veuille «imposer» une stratégie nationale de lutte au racisme systémique. Québec refuse de reconnaître l’existence de ce phénomène.

Amnistie internationale dénonce

Selon Amnistie internationale, le retrait de la participation de la ministre Nadine Girault marque le refus du gouvernement de reconnaître l’existence du racisme systémique.

L’organisation soutient que tous les ministres participants à la rencontre reconnaîtront l’urgence d’agir sur le racisme systémique dans un communiqué émis à l’issue de cette rencontre.

«Refusant d’admettre l’existence d’un racisme systémique au Québec, c’est pour cette raison, semble-t-il, que le gouvernement québécois aurait choisi de se retirer complètement de la rencontre», indique l’organisation dans son communiqué.

Amnistie internationale demande au gouvernement du Québec de revoir sa position quant à cette rencontre. L’organisation l’invite aussi à reconnaître l’existence du racisme systémique au Québec.

«Cette rencontre est primordiale puisque le Canada fait présentement face à une période de défis considérables en matière de droits humains», déclare-t-elle.

Le cabinet réagit

De son côté, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie confirme que le gouvernement participera à titre d’observateur à la conférence.

«La ministre se fera représenter à cette rencontre comme plusieurs autres provinces dont l’Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan», explique la direction des communications et des affaires publiques, Sylvie Leclerc.

Elle précise que le gouvernement du Québec a participé activement aux travaux préparatoires de cette conférence ainsi qu’aux travaux des comités fédéraux-provinciaux-territoriaux qui la soutiennent, et ce, depuis leur création.

Appelée à réagir sur la question de la reconnaissance du racisme systémique, Mme Leclerc répond que «les droits de la personne et la démocratie constituent des valeurs fondamentales de la société québécoise.»

Elle évoque notamment le comité interministériel sur les droits de la personne mis sur pied par le gouvernement du Québec en 2018.

«Québec entend poursuivre sa collaboration sur les enjeux communs et mobilisateurs relatifs aux droits de personne et au racisme avec le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux», conclut-elle

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