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15:23 5 octobre 2020 | mise à jour le: 5 octobre 2020 à 19:06 temps de lecture: 4 minutes

Joyce Echaquan: les chefs atikamekw optimistes mais prudents

Joyce Echaquan: les chefs atikamekw optimistes mais prudents
Photo: Josie Desmarais/MétroLe Grand Chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, lors d'une conférence de presse lundi après-midi.

À l’issue de leur rencontre avec le premier ministre François Legault, une semaine exactement après la mort de Joyce Echaquan, les représentants des communautés atikamekw se disent optimistes, mais prudents.

«J’attends encore les résultats», a déclaré le Grand Chef de la nation atikamekw, Constant Awashish.

Un plan de match a été élaboré pour les prochaines semaines, a rapporté le chef de la communauté de Manawan, Paul-Émile Ottawa, qui s’est engagé à rencontrer régulièrement la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours.

Il a notamment proposé d’offrir des formations sur les enjeux autochtones au personnel médical, plus spécifiquement à l’hôpital de Joliette dans l’immédiat.

«François Legault souhaite qu’on trouve des solutions qui sont acceptables pour tous afin de redorer l’image de cet hôpital, mais aussi de rebâtir la confiance des usagers atikamekw à l’endroit de cet établissement de santé», a fait savoir M. Ottawa

Les chefs autochtones demandent également que le ministère de la Santé ou de l’Éducation impose des sessions de stages dans les communautés autochtones à tous ses futurs médecins et infirmiers.

«C’est l’approche qu’on a identifié dans le but d’éradiquer le racisme dans certains hôpitaux», a ajouté Paul-Émile Ottawa.

Racisme systémique

Constant Awashish a affirmé que François Legault refusait toujours d’admettre la présence de racisme systémique au Québec.

«On ne s’est pas entendus sur la définition du racisme systémique», a-t-il précisé.

Le premier ministre reconnaît la présence de racisme envers les personnes autochtones au Québec, mais pas son caractère systémique.

«De mon côté, c’est clair et je vais toujours défendre ce point-là, a ajouté M. Awashish. De son côté, je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à faire, mais il s’est engagé à ce qu’on discute de façon plus fréquente. Et peut-être que d’ici quelques temps, il va assimiler cette notion-là.»

«Le décès de Joyce Echaquan nous rappelle qu’il y a un fossé très large qui nous sépare.» -Paul-Émile Ottawa, chef de la communauté de Manawan

Selon Paul-Émile Ottawa, la communauté de Manawan attend des excuses de la part du gouvernement et une participation atikamekw dans l’enquête publique annoncée samedi par la vice-première ministre du Québec, Genevieve Guilbeault.

Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir, Mme Guilbeault a été mise au pied du mur sur la question du racisme systémique. La ministre a complètement évité le terme et s’est contentée de reconnaître que le racisme reste présent.

Des excuses officielles attendues

«Les Québécois sont capables de faire un effort, de sensibiliser ceux qui sont encore racistes, et de leur répéter que les êtres humains sont tous égaux», a indiqué le premier ministre François Legault lors d’un point de presse lundi soir. Au passage, il a mentionné avoir une arrière-grand-mère algonquine.

Legault a également déclaré que son gouvernement s’excuserait formellement pour la mort de Joyce Echaquan.

Interrogé sur pourquoi il refusait de reconnaître le racisme systémique, Legault a estimé que la situation au Québec n’était pas la même qu’aux États-Unis dont l’Histoire est entachée par l’esclavage et la ségrégation.

«Il y a des personnes racistes au Québec mais le peuple québécois n’est pas raciste. Il est plus important de poser des actions que de faire un débat sémantique, a-t-il ajouté. Est-ce qu’il y a un racisme systémique au Québec au même titre qu’aux États-Unis? C’est discutable.»

En collaboration avec Céline Gobert

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