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05:00 26 mars 2021 | mise à jour le: 26 mars 2021 à 16:09 temps de lecture: 3 minutes

Christopher Skeete: pour «ceux qui ne se sentent pas toujours Québécois»

Christopher Skeete: pour «ceux qui ne se sentent pas toujours Québécois»
Photo: Josie DesmaraisChristopher Skeete, député de Sainte-Rose pour la Coalition avenir Québec. / Josie Desmarais

Nommé adjoint parlementaire du ministre responsable de la Lutte contre le racisme en février, Christopher Skeete porte maintenant deux chapeaux comme défenseur des minorités au gouvernement du Québec.

L’élu de Sainte-Rose, à Laval, qui agira comme bras droit du ministre Benoit Charette, garde son rôle d’adjoint parlementaire au premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise.

«Les deux mandats sont très différents, évoque-t-il. Mais le fil conducteur, c’est le désir du Québec de donner à tous un sentiment d’appartenance.»

Né d’un père trinidadien, M. Skeete a lui-même reçu des invectives en raison de la couleur de sa peau. «Quand on est une personne racisée, les relations qu’on peut avoir avec les forces de l’ordre peuvent être tendues, exemplifie-t-il. J’ai moi-même été douanier. Et on le ressent, ça.»

«J’ai vécu ce qu’une personne racisée peut vivre. Retourne dans ton pays. J’ai tout entendu ça.» – Christopher Skeete, adjoint parlementaire du ministre responsable de la Lutte contre le racisme

«Leur redonner leur drapeau»

M. Skeete souhaite désormais «agir» pour lutter contre le racisme au Québec.

«La mission qu’on m’a donnée, c’est de donner aux Québécois, racisés ou pas, la pleine expérience québécoise, affirme-t-il. Ces gens qui ne se sentent pas toujours Québécois, leur redonner leur Québec, leur drapeau.»

Celui qui a participé au Groupe d’action gouvernemental contre le racisme (GACR) a identifié plusieurs enjeux phares: notamment, la représentativité dans la fonction publique et les techniques policières.

M. Skeete ne démord pas: il faut mettre fin aux interpellations policières aléatoires, dit-il. Pourtant, lors de sa nomination comme ministre responsable de la lutte contre le racisme, Benoit Charette, avait balayé cette responsabilité dans la cour de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui travaille à élaborer un Livre vert sur les réalités policières.

«Le ministre ne va pas imposer à la ministre [Guilbault] une norme comme celle-là, convient M. Skeete. Le processus est déjà entamé, et, nous, on va apporter les échos de la communauté.»

Un ministre fait sur taille

Ils étaient trois ministres et quatre députés de la Coalition avenir Québec à participer cet été aux travaux du Groupe d’action contre le racisme. Or, l’actuel ministre responsable de la Lutte contre le racisme – celui qui aura pour mission d’appliquer les recommandations du rapport final du GACR – n’en faisait pas partie.

Pourtant, Benoit Charette était le choix à faire, maintient son nouvel adjoint parlementaire.

«Quand on m’a annoncé mon nouveau poste, on ne m’a pas dit qui serait ministre. J’ai dit: je vais le deviner. Et j’ai deviné Benoit», affirme M. Skeete.

«Je connais son parcours et sa passion pour le sujet, ajoute-t-il. Ce n’est pas surprenant.»

Les postes de ministre et d’adjoint parlementaire à la Lutte contre le racisme sont les premiers du genre dans l’histoire du Québec.

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