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15:58 18 mai 2021 | mise à jour le: 18 mai 2021 à 16:11 temps de lecture: 4 minutes

Joyce Echaquan: confusion autour du médicament qu’elle aurait pu consommer

Joyce Echaquan: confusion autour du médicament qu’elle aurait pu consommer
Photo: Capture d'écran

Au quatrième jour de l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, une confusion demeure toujours quant au médicament que la femme d’origine atikamekw aurait pu consommer avant son départ pour l’hôpital de Joliette.

Si certains membres du personnel présumaient qu’il s’agissait de narcotiques, cette information ne semble pas avoir été confirmée par Mme Echaquan.

«État de sevrage»

Lundi, le gastro-entérologue qui a vu Joyce Echaquan deux fois au Centre Hospitalier de Lanaudière avant son décès a déclaré à la barre des témoins qu’il pensait qu’elle était en «état de sevrage».

Dépêché dans la chambre de la patiente qui était «agitée», Dr Jean-Philippe Blais en est venu à croire qu’elle était en manque de narcotiques. Cette hypothèse n’a pas été remise en question par la médecin à l’urgence, Mahée Boisvert.

Selon Dr Blais, Mme Echaquan aurait avoué prendre encore des narcotiques contre la douleur, même si elle lui avait d’abord dit avoir arrêté pour des raisons de santé.

Il lui a alors prescrit un peu de morphine pour le sevrage. Le spécialiste a aussi demandé un plan d’hospitalisation en médecine générale pour l’aider dans son sevrage et à ce que soient effectués des examens.

Même dans une consommation normale, il peut y avoir une dépendance, a-t-il expliqué. «Est-ce qu’il y avait une mauvaise utilisation? Je ne peux pas en juger. Est-ce que ça a pu me traverser la tête qu’elle est venue pour avoir des narcotiques? Oui», a ajouté Dr Blais.

Joyce avait pris un médicament avant de partir à l’urgence

Mardi, une infirmière a raconté devant la coroner que Joyce Echaquan demandait qu’on lui administre un médicament, qu’on la contentionne et qu’on l’amène en réanimation.

C’est à ce moment que la patiente confie avoir pris «de la médication dans sa pharmacie» avant de partir pour l’hôpital le 26 septembre 2020. Mme Echaquan n’a cependant jamais précisé de quel médicament il s’agissait ni quelle quantité elle avait prise.

«Elle aurait pu prendre des Advils, mais on a présumé que c’était des narcotiques?», a alors demandé la coroner Géhane Kamel qui préside l’enquête publique. L’infirmière, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a acquiescé.

L’avocat de la famille Echaquan, Me Patrick Martin-Ménard, a émis des doutes sur le fait que Joyce Echaquan était en sevrage de narcotiques. Il a déploré une vision tunnel qui fait que le personnel de la santé est resté sur ce diagnostic et a donc, selon lui, ignoré d’autres investigations.

De son côté, la quatrième infirmière qui a été entendue mardi n’a jamais eu connaissance du fait qu’on soupçonnait que Joyce Echaquan était en état de sevrage ni qu’elle avait consommé des narcotiques avant son séjour à l’hôpital.

Par ailleurs, seulement une infirmière a avoué qu’il y avait «un problème» entre le personnel de l’hôpital de Joliette et la communauté atikamekw. La plupart des témoins disent n’avoir jamais entendu de commentaires désobligeants de la part de collègues envers les patients.

Joyce ne voulait pas de morphine, selon une voisine à l’urgence

Selon Annie Desroches, une voisine de civière avec Joyce Echaquan à l’urgence, la mère de famille atikamekw ne voulait pas se faire administrer de la morphine.

Dans une lettre datée du 29 septembre, Mme Desroches explique que le médicament créait «un fort effet de sevrage» à Mme Echaquan lorsqu’elle cessait de le prendre.

«Elle demandait un anti-douleur tout de même, car elle avait très mal. Une infirmière est venue lui faire une injection, mais je n’ai pas su de quel antidouleur il s’agissait… Mais s’il s’agissait de morphine, elle n’en voulait pas», écrit-elle.

Les proches de Joyce Echaquan qui ont témoigné la semaine dernière ont tenu des propos qui abondent en ce sens.

L’enquête publique se poursuit demain au palais de justice de Trois-Rivières. Jusqu’à jeudi, pas moins de 12 infirmières et trois préposées aux bénéficiaires, entre autres, viendront témoigner. Les audiences se tiendront jusqu’au 2 juin.

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