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Antidépresseurs: la consommation des jeunes inquiète le Dr Julien

jeune femme médicament anti-dépresseur
Photo: Elvira Koneva / Shutterstock

L’augmentation de la consommation d’antidépresseurs chez les jeunes inquiète le Dr Gilles Julien. Une augmentation causée, selon lui, par l’accès difficile aux autres moyens qui préviennent le stress, comme le sport ou la musique, en ces temps de pandémie.

De 2019 à 2021, le nombre de prescriptions d’antidépresseurs pour les Québécois de moins de 14 ans a connu une hausse de 28%, selon les données de la RAMQ. 

Ces données inquiètent le pédiatre Gilles Julien puisque l’utilisation d’antidépresseurs a des impacts qui restent en partie inconnus sur le cerveau des enfants. «Ce sont des médicaments lourds qui, théoriquement, devraient être utilisés vraiment en bout de ligne», explique-t-il.

Le Dr Julien mentionne que ce type de médicament a des effets secondaires qui peuvent même aller jusqu’à l’amplification des idées suicidaires. «Ça peut avoir un impact intéressant quand ça va mal, mais si je le donne de façon continue pendant plusieurs mois, qu’est-ce qui va arriver et quel impact ça aura sur le développement du cerveau? Jamais personne n’a pu nous le dire de façon précise», poursuit-il.

Dans l’incertitude, le médecin rappelle que c’est préférable de s’abstenir ou d’utiliser le médicament de façon plus judicieuse. «À notre niveau, on essaie de réserver ces médicaments pour les cas plus extrêmes. Quand ça ne va plus ou que le risque devient trop grand par rapport à la problématique de santé mentale.»

Repenser la prévention du stress

En voyant la consommation des antidépresseurs chez les jeunes monter en flèche, le Dr Gilles Julien rappelle que des méthodes plus douces existent pour traiter, mais aussi prévenir, les problèmes de santé mentale. «Le médicament est une solution de dernier recours», martèle-t-il. 

Selon lui, il faut absolument «repenser notre façon de prévenir» les troubles de santé mentale. Notamment avec des processus créatifs et avec le sport.

Or, la pandémie a exacerbé les problèmes d’anxiété chez les jeunes. En plus, elle a restreint l’accès aux activités permettant de réduire le stress. «On a perdu l’accès au sport, même si ça revient tranquillement. On a enlevé la musique. Ce sont des processus d’accompagnement du cerveau dans son développement et de prévention de stress majeur», poursuit-il. 

Dans ce contexte, le pédiatre met en garde contre la prescription trop rapide. «La gâchette devient facile parce que, souvent, ça marche. Et quand ça marche, on les garde et on oublie qu’on devrait faire autre chose à côté pour traiter les problématiques de santé mentale de façon moins agressive», explique-t-il.

Mardi, le gouvernement du Québec a annoncé une série de relâchements des mesures sanitaires. Les entraînements sportifs et les gyms seront de nouveau accessibles à partir du 14 février. Les matchs pourront être organisés à partir du 28 février. Les salles de spectacle pourront aussi accueillir les spectateurs au maximum de leur capacité à la fin du mois.

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