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550 M$ du fédéral pour inciter à l’achat de véhicules électriques moyens et lourds 

Photo: iStock

Dès ce 11 juillet, il sera possible de bénéficier d’incitatifs à l’achat d’environ 50% de la différence de prix entre un véhicule électrique et un véhicule traditionnel. Le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, a en effet lancé ce lundi un programme de 550 millions de dollars sur quatre ans pour encourager l’achat de véhicules zéro émission moyens et lourds (iVZEML).

Ces incitatifs s’appliqueront à l’achat ou à la location de véhicules commerciaux moyens et lourds, dont le poids nominal brut est supérieur à 8500 livres (3856 kilogrammes).

Transports Canada précise que ces incitatifs «pourront être combinés à des incitatifs provinciaux ou territoriaux pour rendre ces véhicules encore plus abordables». Une aide dont peuvent bénéficier provinces, territoires, administrations municipales et locales, ainsi que les organisations et entreprises.

Selon M. Alghabra, ce programme «vise à s’assurer que les entreprises canadiennes et les dirigeants de nos communautés disposent des choix dont ils ont besoin pour transformer leurs parcs de véhicules en véhicules zéro émission».

Le Québec a une expertise démontrée dans l’électrification des véhicules moyens et lourds, ce qui lui permettra de se positionner favorablement dans cette nouvelle stratégie

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a qualifié cette annonce de «très bonne nouvelle».

«Ces incitatifs vont permettre aux entreprises d’électrifier leurs flottes de véhicules. Cette approche fait écho aux recommandations issues de nos récentes études avec Propulsion Québec et les joueurs du secteur des transports électriques et intelligents. […] Qui plus est, le Québec a une expertise démontrée dans l’électrification des véhicules moyens et lourds, ce qui lui permettra de se positionner favorablement dans cette nouvelle stratégie», a-t-il ajouté.

Le transport représente 25% des GES du Canada

Avec le programme iVZEML, Ottawa évalue les réductions annuelles d’émission de GES à 200 000 tonnes par année en 2026, puis à 3 millions de tonnes par année d’ici 2030. Le secteur des transports représente en effet la deuxième source de pollution au Canada, indique le ministère fédéral des Transports. 

Selon Équiterre, ce secteur contribuerait à 25% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays.

Analyste en mobilité au sein de l’organisme, Andréanne Brazeau estime que ce programme «est un important pas en avant» vers la décarbonation des véhicules moyens et lourds, étant donné le «prix d’achat encore trop élevé [qui] demeure un frein à la transition pour beaucoup d’entreprises».

«Ça va dans la bonne direction, mais il existe aussi d’autres manières de réduire les émissions du transport de marchandises qui dépassent la simple électrification des véhicules. En milieu urbain, pour les derniers kilomètres de livraison par exemple, on devrait aussi miser sur des solutions comme les vélos cargos à assistance électrique et l’optimisation des chaînes logistiques pour réduire le nombre de véhicules dans les rues», poursuit-elle.

Rappelons qu’il existe un programme similaire pour le financement de véhicules zéro émission (iVZE) légers et de passagers. Il avait été élargi lors de l’annonce du budget 2022 aux grands véhicules légers, à l’instar des VUS et camionnettes, avec un montant supplémentaire de 1,7 milliard de dollars jusqu’en 2025.

Comment ça marche?

Les incitatifs varient en fonction de la classe et du poids du véhicule. Par exemple, on peut bénéficier de 10 000 $ à l’achat d’une fourgonnette ou camionnette de 3856 à 4536 kg. Ce financement peut atteindre 200 000 $ pour l’achat d’un autocar. Par ailleurs, seuls les véhicules neufs seront pris en compte.

Les autobus de transport en commun, les autobus scolaires, les véhicules récréatifs (VR) ou les véhicules hors route pourraient cependant être exclus de ce programme.

Il est possible de bénéficier de ces incitatifs pour les véhicules loués pendant au moins 12 mois. Dans ce cas, le calcul du montant se fait au prorata, en fonction de la durée du contrat de location, qui doit être de moins de 48 mois.

«L’incitatif sera appliqué au point de vente par le concessionnaire ou d’autres vendeurs autorisés tels que les fabricants d’équipement d’origine (FEO) ou les finisseurs/distributeurs de véhicules. Il apparaîtra directement sur l’acte de vente ou sur le contrat de location des véhicules ZEV moyens et lourds admissibles achetés/loués à partir de la date d’admissibilité ou après des véhicules. Le concessionnaire doit appliquer les taxes et les frais à l’achat ou à la location avant d’appliquer l’incitatif», indique Transports Canada sur son site internet.

La liste détaillée des véhicules admissibles est disponible en ligne.

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