Laisser-aller sur les chantiers au retour des vacances
Chaque année, le retour des vacances de la construction rime avec une augmentation accrue des accidents sur les chantiers. Il y a moyen de rectifier la situation, insistent des observateurs.
Ce n’est pas moins de 42% des accidents de chantier qui se produisent entre les mois d’août et de novembre, déclare Daniel Legault, porte-parole de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST).
«Il n’y a pas de doute que c’est une période de forte activité dans le secteur, mais ce n’est pas une raison pour expliquer les milliers d’accidents chaque année», dit-il, précisant que l’an dernier, 7 537 accidents ont été dénombrés.
Pour redresser le sombre bilan, M. Legault croit que les employeurs et les maîtres-d’œuvre doivent redoubler d’effort pour appliquer les mesures de sécurité et fournir les équipements de protection, et ce, dès la planification des travaux.
La période critique pour les accidents peut être liée à un «laisser-aller intolérable», tant de la part de certains employeurs que de certains employés, souligne Carmel Laflamme, vice-présidente à la Santé et sécurité du travail pour le Conseil du patronat du Québec. «Tout le monde doit prendre ses responsabilités», ajoute-t-elle.
Le président de la CSN-Construction, Pierre Brassard, estime plutôt que la pression sur les chantiers est en cause. «Beaucoup d’employeurs souhaitent finir les contrats avant l’hiver et poussent les ouvriers à faire plus d’heures», dit-il. Les échéanciers doivent être prolongés, assure-t-il, les nouvelles technologies permettant dorénavant de travailler sur la majorité des chantiers l’hiver.
Les inspecteurs de la CSST relèvent quatre secteurs où il y a plus d’accidents et plus de constats d’infraction: le travail en hauteur, proche des lignes électriques, lors d’excavation et de tranchées et les les travaux réalisés en présence de poussières d’amiante.
Hausse des accidents, baisses des infractions
En consultant la base de données de la CSST, on note que depuis trois ans, le nombre d’accidents sur les chantiers du Québec est en hausse, alors que le nombre de constats d’infractions est en baisse. «Le nombre de chantiers se multiplie depuis les dernières années et les inspecteurs sont trop peu nombreux pour suivre le rythme», analyse le président de la CSN-Construction, Pierre Brassard. Sans commenter ces faits, on souligne, à la CSST, que le nombre total d’heures travaillées sur les chantiers est aussi en hausse : passant de 144 millions d’heures en 2010, à 165 millions en 2013.