Des thématiques essentielles absentes à la Commission sur les enjeux énergétiques
La Commission sur les enjeux énergétiques, dont la tournée de consultations s’arrête à Montréal dès mercredi, omet d’aborder des thématiques essentielles, croit le Regroupement des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ).
En tête de liste, le RNCREQ déplore que les enjeux de gouvernance ne soient pas au programme.
«La Commission est l’occasion de faire du ménage, de se donner des moyens pour gérer les enjeux énergétiques de façon cohérente, estime Philippe Bourke, responsable du comité énergie du regroupement. Mais il faut justement que la Commission permette de questionner les processus décisionnels, ce qui est absent du document guidant la consultation.»
Selon le RNCREQ, un cadre décisionnel chaotique a conduit par le passé à des erreurs coûteuses dans la planification de la production d’énergie. M. Bourke a mentionné la saga de la centrale thermique de Bécancour. Le gouvernement du Québec a signé un contrat de vingt ans avec TransCanada Energy pour l’exploitation de cette centrale, mais s’est aperçu plus tard que la province n’avait plus besoin de cette électricité. «On doit maintenant dédommager la compagnie à coups de millions par année pour une centrale fermée», regrette M. Bourke. La production d’énergie est soumise aux aléas politiques sans un cadre rigoureux pour étudier les coûts et les avantages des projets à long terme.»
Plusieurs décisions sont aussi incohérentes avec les objectifs gouvernementaux de réduction des gaz à effet de serre, d’après le RNCREQ. «Par exemple, les succursales de la Société des alcools sont décentralisées et installées davantage en banlieue et près des autoroutes, ce qui favorise le recours à la voiture», a affirmé M. Bourke. Il considère inutile que le gouvernement se donne des lignes directrices si une mauvaise gestion l’empêche de les suivre.
Le RNCREQ propose donc qu’une entité dotée d’autorité soit responsable de mettre en œuvre des réformes et d’assurer la cohésion des actions gouvernementales avec les objectifs de la politique énergétique.
Les tarifs d’électricité, les enjeux de santé, le transport de l’énergie, l’agriculture et les potentiels d’énergie renouvelables sont les autres thématiques que le RNCREQ aurait voulu voir dans le document de consultation de la Commission.
Les coprésidents de la Commission, Normand Mousseau et Roger Lanoue, reconnaissent que tous les enjeux importants n’ont pas été mentionnés dans le document de consultation. Ils signalent qu’aucun sujet n’est banni des consultations. «La question de la gouvernance revient d’ailleurs souvent dans les mémoires qui nous ont été présentés. On note par exemple que ça va prendre plus de coordination entre les ministères qui ont un rapport avec l’énergie. Cet enjeu incontournable fera partie de notre rapport, c’est certain», a assuré M. Mousseau.
La Commission sur les enjeux énergétiques tiendra 30 séances publiques dans 15 régions administratives du Québec, entre le 4 septembre et le 11 octobre. Des séances auront lieu à Montréal dès 9h30 mercredi au Nouvel Hôtel, puis jeudi et vendredi. La Commission invite les participants à se prononcer sur les sujets définis dans le document de consultation.
Réduire la consommation de pétrole
La réduction de la consommation de pétrole devrait guider la future politique énergétique du Québec, plaidera le Regroupement des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ) à la Commission sur les enjeux énergétiques.
Le regroupement croit qu’il est possible de substituer une partie de la consommation de pétrole par de l’électricité, notamment en promulguant une politique industrielle verte, en électrifiant les transports et en faisant disparaître le chauffage au mazout.