Le maire de Saguenay s’insurge contre un rapport le critiquant
Au moment où s’amorce la campagne électorale à Saguenay, la publication jeudi du rapport du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) notant plusieurs accrocs à la Loi sur les cités et villes, a fait sortir le maire Jean Tremblay de ses gonds. Contre-attaquant dès le lendemain, M. Tremblay a accusé le député et ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, de faire une job de bras dans le seul but de lui nuire.
Dans une conférence de presse houleuse, M. Tremblay a d’abord pris le temps de souligner point par point les lacunes décelées dans le rapport de 36 pages, dont des fractionnements de contrats illégaux, qualifiant les manquements de «mineurs», ajoutant que certains correctifs ont été apportés depuis.
«Personne n’est parfait et Saguenay obtient une note de 99%. Ce qu’on nous reproche, c’est des niaiseries que certains voudraient monter en épingle. Ce qu’ils cherchaient ici, c’est de la corruption comme on en entend parler à la commission Charbonneau et ils n’ont rien trouvé. Je continue à dire que notre ville est la mieux gérée de tout le Québec avec un compte de taxes qui permet de mettre 30M$ dans les poches des citoyens.»
Et ce n’est que du bout des lèvres qu’il admet que Promotion Saguenay devra fonctionner avec un compte bancaire distinct pour ses revenus autonomes de 1,2M$. Par ailleurs, il réfute catégoriquement avoir favorisé le meilleur ami de Ghislain Harvey dans un contrat fractionné pour une étude de sols. «Il n’y a pas une ville plus propre au Québec que Saguenay et si j’apprenais que quelqu’un de mon entourage faisait quelque chose d’illégal, il serait écarté immédiatement.»
Attaque contre Gaudreault
Par ailleurs, Jean Tremblay est convaincu que le ministre Sylvain Gaudreault est derrière cette manœuvre politique pour le déstabiliser dans la course à la mairie. Le maire emprunte ici une tactique qui lui est familière, soit de discréditer le messager pour affaiblir le message.
«Il n’y a rien de fortuit dans l’annonce de ce rapport par Radio-Canada jeudi. Il a refusé de m’accorder un délai pour rencontrer les conseillers et Promotion Saguenay afin de les informer de la situation. Ça ne date pas d’hier qu’il essaie de me couler.»
Quand nous lui demandons comment il va dorénavant pouvoir travailler avec le député de Jonquière dans des dossiers communs, le maire est cinglant: «Pouvez-vous me citer un seul dossier que Sylvain Gaudreault a piloté depuis qu’il est élu? On lui parle des pertes de 4 M$ que pourrait subir Hydro Jonquière et ça ne l’intéresse même pas. Il me fait suivre? Moi aussi je vais suivre ce qu’il fait…»