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Les profs de cégep au bout du rouleau

Enseigner dans les cégeps n’est pas une tâche de tout repos. C’est du moins ce qu’affirment les trois fédérations enseignantes collégiales après avoir produit une étude sur le sujet avec la collaboration du ministère de l’Éducation et de la Fédération des cégeps.

«Quand c’est rendu que les infirmières préfèrent aller travailler dans les hôpitaux plutôt qu’enseigner au collégial, ça donne une petite idée de la réalité», a fait remarquer le vice-président de la Fédération nationale des enseignants du Québec, Jean Trudel.

«Il y a de plus en plus de professeurs dans le réseau qui encadrent de 140 à 160 étudiants chaque session, a indiqué M. Trudel. Ça devient extrêmement lourd de donner un enseignement de qualité et une rétroaction qui vaut la peine.»

Depuis la dernière réforme de l’éducation au collégial, qui date de 1994, les tâches des enseignants se sont alourdies, ont constaté les fédérations enseignantes. Les classes hétérogènes au plan culturel, le développement des nouvelles technologies de l’information, les mises à jour régulières des programmes d’études ainsi que les projets spéciaux et les activités de recrutement seraient entre autres à l’origine de cette surcharge de travail.

«Un des problèmes importants, c’est le décalage entre le calcul de la charge du professeur et les nouvelles pratiques, a expliqué le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep, Mario Beauchemin. [Le calcul de la charge de travail] est presque strictement lié à la prestation de cours en classe.»
 
Des enseignants réclamés
Les fédérations enseignantes exigent des solutions devant un tel portrait attribuable, selon elles, au sous-financement de l’éducation postsecondaire et à la baisse considérable de l’effectif professoral.

En 2005, près de 200 enseignants avaient été recrutés pour travailler loin des classes, entre autres, pour des projets spéciaux de promotion. Les fédérations proposent donc, avant tout, l’embauche d’enseignants affectés à des tâches d’enseignement.

«C’est la mesure qui permettrait de résoudre le plus de problèmes en même temps, a dit le président de la Fédération autonome du collégial, Jean-Claude Drapeau. Cependant, on est bien conscients que c’est la mesure la plus coûteuse.»

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