L'intimidation homophobe répandue au secondaire
Près du tiers des élèves du secondaire seraient victimes d’insultes ou de violence physique à caractère homophobe, selon les résultats préliminaires d’une étude réalisée par une équipe de l’UQAM.
«Au début de la recherche, on se disait que ce serait les gais, les lesbiennes et les bisexuels qui souffriraient le plus d’intimidation, a affirmé Line Chamberland, chercheuse principale de cette étude. Mais à notre grande surprise, ce sont majoritairement des élèves hétérosexuels différents ou ne correspondant pas à la norme qui sont les victimes.»
Les données, recueillies auprès de 111 élèves dans 3 écoles secondaires de Montréal, de Gatineau et de la Rive-Nord, révèlent que les garçons sont plus touchés par ce type d’intimidation. Deux garçons sur trois disent avoir été insultés, alors que trois sur cinq avouent avoir proféré des insultes à caractère homophobe. «Quand un garçon n’est pas assez agressif ou qu’il est considéré comme un « téteux » de prof, il est une proie plus facile», a indiqué Mme Chamberland.
Banalisation des insultes
Selon la chercheuse, bien des jeunes disent vouloir rigoler en utilisant des termes homophobes et banalisent la gravité de leurs paroles. Pourtant, les répercussions sur les jeunes victimes sont importantes. «Les termes « fif », « tapette », etc. sont des moyens de dénigrement et font généralement référence à la faiblesse, a-t-elle expliqué. Des étudiants de niveau collégial, que nous avons questionnés l’an dernier, nous ont dit être encore sous le choc de leur passage difficile au secondaire.»
Elle ajoute que les jeunes du secondaire, occupés à construire de leur identité sexuelle, ont des jugements très sévères les uns envers les autres.
Message contradictoire
Alors que les personnages gais sont de plus en plus nombreux à la télévision et que le mariage gai est permis, la société et plus particulièrement l’école envoient un message contradictoire aux homosexuels et aux bisexuels, croit Mme Chamberland. «Les jeunes font leur coming-out plus tôt que la génération précédente, mais ils doivent ensuite faire face à une réaction négative de leurs collègues de classe.»