VIH/sida: Encore trop de discrimination sur le marché du travail
Malgré les avancés scientifiques et la sensibilisation faite auprès de la population, les personnes vivant avec le VIH sont encore victimes de méconnaissance, de discrimination et de rejet de leur employeur et de leurs collègues. C’est du moins ce que révèlent deux enquêtes menées en parallèle par Axiome Marketing, l’une auprès de dirigeants d’entreprise et l’autre auprès de la population en général.
Dévoilés hier, les résultats de cette étude montrent que l’intégration au marché du travail des personnes atteintes du VIH n’est pas encore naturelle et que cette maladie n’est pas perçue comme les autres maladies chroniques. Pas moins de 51,5 % des répondants affirment qu’une personne vivant avec le VIH est rejetée par ses collègues. Or, seuls 3,9 % disent la même chose des personnes atteintes d’une maladie chronique.
De plus, 42,4 % des répondants affirmaient qu’ils seraient inquiets d’apprendre qu’un de leurs collègues vit avec le VIH. En ce qui concerne les employeurs, la situation n’est guère plus rassurante : 64 % des répondants ont dit éprouver un malaise envers les personnes atteintes du VIH/sida, et 58 % d’entre eux hésiteraient à les embaucher.
Le travail : un droit
Pour Me Stéphanie Claivaz-Loranger, coordonnatrice du programme Droits de la personne et VIH/sida, ces résultats sont malheureusement très représentatifs de la réalité. «Il y a plusieurs années que nous avons constaté l’existence de barrières dans l’accès à l’emploi des personnes atteintes du VIH/sida, déplore-t-elle. C’est pourtant une force de travail dont le Québec ne peut pas se passer.»
Une personne atteinte du VIH est-elle obligée de révéler son état à son employeur? «Dans la charte [des droits et libertés], on précise qu’un employeur, durant une entrevue d’embauche, ne peut pas poser de questions sur un motif pouvant être discriminant. Il ne peut notamment par demander si la personne souffre d’une maladie chronique», explique Me Claivaz-Loranger.
Selon elle, les questions posées par les employeurs sont souvent illégales et placent la personne interrogée dans une situation complexe où elle doit choisir entre mentir ou avouer avoir le VIH et risquer de ne pas avoir l’emploi.