Les groupes environnementaux sont déçus de l'annonce de Jean Charest
Plusieurs groupes environnementaux sont déçus des objectifs québécois de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) annoncés hier par le premier ministre Jean Charest. Lors d’un discours présenté devant le Conseil des relations internationales de Montréal, M. Charest a déclaré que d’ici 2020, le Québec réduira ses émissions de GES de 20 % par rapport aux niveaux de 1990.
Cet objectif n’est pas suffisant, selon Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Climat et énergie de Greenpeace. «Les cibles annoncées aujourd’hui se situent en dessous des objectifs recommandés par les scientifiques, soit des réductions de 25 à 40 %», déplore-t-elle.
Les moyens de faire mieux
Or, Mme Lambert Ferry estime que le Québec a les moyens de faire mieux. «Nous sommes très bien placés, notamment grâce à nos ressources hydroélectriques», explique-t-elle. Les groupes environnementaux s’accordent pour dire que l’objectif de 20 % constitue un effort «notable». «C’est la cible la plus ambitieuse en Amérique du Nord», affirme le cofondateur et coordonnateur général d’Équiterre, Sidney Ribaux, avant d’ajouter qu’il aurait souhaité une cible de 25 %.
M. Ribaux, de même que Patrick Bonin, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), ont aussi salué l’ouverture du gouvernement Charest à l’idée «d’aller plus loin». «La bonne nouvelle, c’est que Québec dit qu’il veut se coller à l’Europe et augmenter ses objectifs à 30 % lorsque les autres pays industrialisés bougeront pour en faire davantage», a fait savoir M. Bonin.
Et le Canada dans tout ça ?
D’ici 2020, le Canada entend réduire de 3 % ses émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990. C’est nettement en deçà des cibles visées par le Québec, déplore M. Bonin, de l’AQLPA. «En ce moment, le Canada est un des pires boulets qui soient pour le Québec», soutient-il.