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L’engouement électoral varie selon les villes du Québec

Photo: TC Média

Rarement une élection municipale aura été aussi attendue que celle de dimanche. Pourtant, l’engouement n’est pas égal dans toutes les municipalités du Québec, révèle une analyse de TC Média.

Alors que dans certaines villes de la province, le nombre de candidats a bondi de jusqu’à 300 % par rapport au dernier scrutin, les aspirants politiciens sont pratiquement introuvables dans d’autres municipalités. Depuis l’instauration des élections regroupées au Québec en 2005, le nombre de candidats est passé de 12 047 à 13 247. Une hausse de près de 10 %. Toutefois, au final, à peine 509 personnes de plus qu’en 2009 tentent leur chan­ce pour un des 8 053 postes disponibles.

Isabelle Lacroix, professeure adjointe de politique canadienne et québécoise à l’Université de Sherbrooke, fait remarquer que les candidatures sont entrées rapidement cette année, ce qui a laissé croire à un «boom» d’aspirants politiciens. «Peut-être que les gens s’étaient préparés depuis longtemps», suggère-t-elle.

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Capture d’écran 2013-10-29 à 23.08.24Pendant que le nombre de candidats explose de 300 % à Rosemère et de 133 % à Laval par rapport à 2009, les régions de Québec (-9,65 %) et de l’Abitibi-Témiscamingue (-19,46 %) connaissent pour leur part une baisse d’intérêt pour le service public. «Se porter candidat, ce n’est pas banal, c’est lourd de conséquences, souligne Mme Lacroix. Il faut faire campagne, investir des ressources et risquer d’être élu et de devoir remplir son mandat durant quatre ans. Ce n’est pas juste le fruit d’une indignation passagère.»

Fait intéressant, 4 des 10 municipalités les plus importantes au Bas-Saint-Laurent, en Mauricie, en Estrie, en Abitibi-Témiscamingue et au Centre-du-Québec ont vu leur maire être élu sans opposition à la date limite des mises en candidature. Encore là, les chiffres sont tout de même à la baisse dans la province, puisque le nombre de postes attribués sans opposition a diminué de 5 %. Si le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, considère cette donnée comme «la statistique la plus importante, puisque la nature même de tout système démocratique repose sur la possibilité de choisir», Isabelle Lacroix n’y voit pas de problème. «En soi, le nombre de candidats n’est pas problématique, déclare-t-elle. La limite n’est pas structurelle, tout le monde peut se présenter, les gens n’ont pas voulu se présenter.»

Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Rimouski, Éric Forest, lui-même réélu par acclamation, voit plutôt l’absence d’opposition comme un vote de confiance.

Les femmes plus nombreuses
D’après des données publiées par le ministère des Affaires municipales, ce sont les régions de Laval (50 %), de l’Abitibi-Témiscamingue (35 %), de Montréal (32 %) et de la Mauricie (32 %) qui comptaient le plus de fem­mes élues en 2009. Les candidatures fémini­nes poursuivent d’ailleurs leur croissance en flèche. Sur les 509 candidatures supplémentaires déposées pour les élections de 2013, 415 proviennent de femmes. Une hausse qui porte le poids des femmes à 28,8% des postulants.

À plus ou moins 21 % de la parité, peut-on y arriver? Selon l’UMQ, il faut y arriver. «Il faut viser le meilleur reflet possible de la communauté», convient son président, Éric Forest. La professeure adjointe de politique canadienne et québécoise à l’Université de Sherbrooke Isabelle Lacroix l’espère, mais en doute, pour des raisons qui sortent cependant de son champ d’expertise. «On tombe dans les profils psychologiques… La politique serait un milieu agressif et les femmes auraient plus peur de l’échec…» avance-t-elle.

Cela dit, les électeurs n’ont pas de comportement discri­minatoire dans l’isoloir. Selon les statistiques de l’élection de 2009, les femmes ont représenté 27 % des candidats et 27,5% des élus.

Taux de participation - TC MediaTaux de participation anémique
Québec ne lésine pas sur les campagnes de promotion afin d’encourager les citoyens à exercer leur droit de vote. Un taux de participation stagnant à 45 % pour les deux derniers scrutins donne raison au Directeur général des élections de ruer dans les brancards.

D’après les données cumulées par TC Média sur la participation citoyenne aux urnes, il semblerait que la motivation se mesure géographiquement. Les régions du nord et de l’est du Québec ont été de loin les plus actives en 2009. Les quatre régions où le taux de participation a été le plus élevé sont la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (62,61 %), le Nord-du-Québec (60,80 %), le Saguenay–Lac-Saint-Jean (56,20 %) et la Côte-Nord (55,81 %). En comparaison, Laval (35,70 %), l’Outaouais (39,91 %) et la Montérégie (42,87 %) affichent les pires taux de participation.

À quelques semaines du Jour J, le président de l’UMQ, Éric Forest, dit sentir un intérêt beaucoup plus fort, mais selon lui, tant que les citoyens ne prendront pas conscience des véritables responsabilités des municipalités, le taux de participation risque malheureusement de demeurer décevant.

  • Plus de candidats

Classement des 10 villes selon la variation du nombre de candidats à ces élections
1. Rosemère 300 %
2. Pointe-Claire 240 %
3. Laval 133 %
4. Mirabel 130 %
5. Pont-Rouge 128,57 %
6. Sainte-Marie 128,57 %
7. Trois-Rivières 114,29 %
8. Asbestos 112,5 %
9. Thetford Mines 111,76 %
10. Saint-Jérôme 104 %

  • Moins de candidats

Classement des 10 villes selon la variation du nombre de candidats à ces élections
1. Forestville -65 %
2. Beauceville -53,33 %
3. Saint-Boniface -50 %
4. Saint-Tite -50 %
5. Senneterre -50 %
6. Sainte-Anne-des-Plaines -46,67 %
7. Amos -45 %
8. Québec -39,6 %
9. Matane -39,13 %
10. Sainte-Marthe-sur-le-Lac -39,13 %

Classement des régions selon la variation du nombre de candidats (2013)
1. Laval 133,33%
2. Laurentides 35,96%
3. Chaudière-Appalaches 32,24%
4. Saguenay – Lac Saint-Jean 27,81%
5. Montréal 21,01%
6. Mauricie 13,56%
7. Nord-du-Québec 12,50%
8. Montérégie 12,20%
9. Lanaudière 11,47%
10. Gaspésie 7,79%
11 Outaouais 5,36%
12 Côte-Nord 2,19%
13 Estrie 1,06%
14 Centre-du-Québec -2,13%
15 Bas Saint-Laurent -2,84%
16 Québec -9,65%
17 Abitibi-Témiscamingue -19,46%
Source: ministère des Affaires municipales

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L’émission Ça commence bien revient sur l’engouement électoral varie selon les villes du Québec

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