La fin ne justifie pas les moyens
Dure semaine pour les institutions. Entre l’épisode d’espionnage digne de James Bond à la Ville de Montréal et les histoires qui ne tiennent pas la route sur la colline parlementaire à Ottawa, il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir.
Dans une société démocratique, les institutions sont à la base de tout. Ce sont les repères dans la tempête. Au-delà des individus, ce sont elles qui nous permettent de maintenir un certain niveau de confiance.
Dans le cas de la ministre de la Coopération internationale, le problème n’est pas d’avoir refusé une subvention. C’est la prérogative d’un élu de faire des choix qu’il doit par ailleurs expliquer. Les électeurs ont le pouvoir de juger des décisions prises par le gouvernement au moment des élections.
La question porte davantage sur le fait que la ministre Bev Oda a induit la Chambre en erreur. Elle a nié la vérité pour, par la suite, s’en excuser. Plutôt que de protéger l’institution, le premier ministre du Canada est venu à la défense de sa ministre. Contexte pré-électoral oblige… Contrairement aux affaires Guergis et Bernier, où il n’avait pas tardé à agir, M.Harper a décidé de regarder de l’autre côté. Loin d’élever le débat, le ministre de l’Immigration en a rajouté en attaquant Radio-Canada. Il appartiendra donc maintenant au président de la Chambre des communes d’enquêter et de trancher.
Dans le cas de la Ville de Montréal, l’affaire qui secoue l’hôtel de ville depuis quelques jours est tout aussi troublante. Faisant fi du respect des règles et de l’indépendance nécessaire à l’exercice de la fonction de vérificateur, on a installé des caméras et intercepté certaines communications pour conclure que le vérificateur avait fait des entorses aux pratiques en vigueur. De l’aveu même du ministre des Affaires municipales, l’enquête sur le vérificateur général de Montréal a démontré qu’il n’y avait aucun processus pour faire valider les comportements de l’individu et que tout était permis.
Dans les deux cas, les élus ont le devoir de respecter et de protéger nos institutions démocratiques. Le parlement, tout comme l’institution de vérificateur général, en sont le cour. Nul ne doit induire le parlement en erreur. L’indépendance du vérificateur est nécessaire pour effectuer un contrôle sur l’administration. Peu importe l’intérêt politique, la fin ne doit jamais justifier les moyens.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.