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Changement de garde

Finis les Post-it, exit Mme Landry aux nominations – c’est le changement de garde au cabinet de Jean Charest. On se demandait où était le premier ministre depuis décembre. On le sait maintenant : il planifiait la suite des choses. Tapi dans un coin, il repensait aux derniers mois et se demandait comment faire changer le vent de bord.

Bastarache maintenant derrière lui, il est possible pour Jean Charest de croire qu’il peut remettre le compteur à zéro. Clairement, qu’on aime ou non, il faut reconnaître que l’homme est passé maître dans l’art des renaissances. Lui qui a déjà connu des records d’impopularité dans les sondages, a su rebondir fois après fois.

Premier premier ministre à être élu minoritaire depuis 1878, il a su se relancer avec son désormais célèbre «Je vous ai entendus». Il avait aussi cette fois choisi de changer sa garde rapprochée pour aider sa cause. En 2007, la recette avait fonctionné avec l’arrivée de Dan Gagnier.

Après sa volte-face sur les gaz de schiste, la nomination de Diane Lemieux à la tête de la commission de la construction, voilà maintenant que Jean Charest change sa garde rapprochée. Et il choisit un vieux routier pour s’occuper de la suite des choses. L’expérience vient avec un passé. Cette fois, dès la publication du nom de Luc Bastien au poste important de chef de cabinet, on a commencé à voir des articles le liant au scandale des commandites… Qu’à cela ne tienne, d’autres nouvelles s’ajoutent. L’arrivée de nouveaux visages au conseil des ministres et les arrestations de l’escouade Marteau signifient que le premier ministre reprend le contrôle de l’agenda.

Cela dit, un parti au pouvoir n’est jamais aussi fort ou faible que son opposition. Pauline Marois remet la souveraineté à l’avant-scène. Ce positionnement semble essentiel pour mobiliser sa base militante avant son congrès du printemps. Puisque l’équilibre est fragile, elle devra savoir doser l’appétit des membres pour le projet de pays et celui d’une large partie de la population qui désire voter pour un bon gouvernement. Alors que l’ADQ a amorcé sa reconstruction, l’entrée en scène annoncée de François Legault ne manquera pas de complexifier la donne.

Le temps est un facteur essentiel en politique. Pour Jean Charest, il a souvent joué en sa faveur. Les changements seront-ils suffisants pour ramener son électorat derrière lui? Les demandes répétées pour une commission d’enquête publique laisseront-elles des traces indélébiles? Reste à voir si la population aura de la mémoire…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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