Le casse-tête de Pauline Marois
Diane Lemieux à la direction de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Lucien Bouchard à la tête de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) – ce ne sera pas cette semaine que Pauline Marois aura une vie plus simple. Composer avec ces nouvelles nominations représentera un nouveau casse-tête pour la chef du Parti québécois.
Il sera difficile de faire abstraction de la feuille de route de ces deux ex. Tout le monde a le droit de gagner sa vie et de relever de nouveaux défis, comme tout parti politique a le droit d’actualiser ses positions en fonction de l’évolution des dossiers. Toutefois, l’arrivée de ces deux nouveaux acteurs à l’avant-scène donnera des arguments de taille au gouvernement.
Jean Charest est connu pour sa capacité à retourner les questions à ses adversaires. Il ne manquera pas d’utiliser leur présence pour étayer ses arguments. On l’entend déjà dire qu’il n’est pas nécessaire d’entreprendre une commission d’enquête sur la construction puisqu’une série de mesures ont été mises en place et que dorénavant la CCQ sera dirigée par Diane Lemieux, celle que plusieurs appellent «la lionne».
Dans le dossier des gaz de schiste, le même genre de scénario risque fort de se présenter. Lorsque l’opposition officielle réclamera un moratoire, on trouvera un membre du gouvernement pour répondre que le nouveau président de l’APGQ devrait rassurer puisqu’il est un ancien premier ministre et, surtout, un ancien chef péquiste.
Mme Marois devra trouver le ton juste. Elle, qui n’a déjà pas un parti facile à gérer doit maintenant jongler avec un coefficient de difficulté plus élevé. On sentait d’ailleurs le malaise de ses députés lors du caucus de cette semaine à Laval. L’équipe péquiste y a déjà commencé à prendre ses distances face aux deux ténors. Le défi sera de trouver l’équilibre et la nuance.
Dans le cas de M. Bouchard, le temps qui le sépare du PQ aidera sans doute à aplanir les différences. Dans le cas de Mme Lemieux, ce sera un peu plus compliqué. Surtout que son bilan ne pourra être apprécié qu’au moment de repartir en élections. À moins que, comme l’a commenté Stéphane Bédard, le leader de l’opposition du PQ, il parvienne à faire accepter qu’il faille un péquiste pour régler les problèmes au Québec. Il s’agit de toute une gymnastique, et pour tout dire… d’un véritable casse-tête.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.