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C'est pas moi, c'est lui!

La lenteur du gouvernement haïtien, l’inefficacité de l’ONU, la lenteur du décaissement des pays donateurs, les intérêts corporatistes des uns et des autres… Un an après le séisme, l’heure des bilans a sonné pour Haïti. Finalement, tout le monde semble se défiler. Le responsable, c’est le voisin. C’est celui qui n’a pas voulu collaborer, celui qui aurait dû le faire.

 On voulait voir le pays renaître de ses cendres rapidement. Faire de cette tragédie une histoire à succès digne des films de Hollywood – dans son malheur, le pays pouvait se réinventer.
Bref, fournir de belles images qui auraient autorisé la communauté internationale à se tourner vers autre chose. Est-ce qu’on en demandait trop? Peut-être. Rome ne s’est pas bâtie en un jour, alors pourquoi Port-au-Prince se serait-il reconstruit en un an?

Les Haïtiens étaient toutefois en droit de
s’attendre à ce que leur capitale ne soit plus sous les décombres un an après le séisme. Or, on commence à peine les opérations visant à ramasser les débris. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’en plus, les piètres résultats observés ne semblent être la faute de personne. Pourtant, c’est le manque de direction qui fait en sorte que le pays est dans cette situation.

Haïti a besoin d’un chef d’orchestre capable de structurer le travail, de mobiliser les intervenants autour d’un plan concret. C’est essentiel pour que la solution puisse passer par le peuple haïtien. Le premier tour des élections n’a toutefois pas permis de dégager un leader clair autour duquel s’assembler.

Si le président Préval continue de
faire la sourde oreille, la communauté
internationale devra reprendre la balle
au bond. Pour l’instant, Bill Clinton
se fait plutôt discret. Il est urgent de
redonner confiance aux Haïtiens, et ce ne sera
pas chose facile.

Ce bilan, un an après le séisme, doit réveiller tous les intervenants. Il faut cesser de montrer du doigt et se demander comment faire pour que la reconstruction s’engage de manière efficace. Est-il possible de cibler ce qui a fonctionné à Haïti et de tenter de le multiplier? Le travail à venir est colossal, mais pas impossible, à condition que tous prennent leurs responsabilités.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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