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Changement de ton à l'Assemblée nationale?

Le président de l’Assemblée nationale, Yvon Vallières, a remis sa démission. Comme un poisson d’avril, la nouvelle est tombée vendredi dernier.

L’homme en avait assez. Le ton au parlement était devenu insupportable. Selon lui, «le climat à l’Assemblée nationale, les échanges et les comportements […] ont atteint un niveau inacceptable : intimidation, invectives, insinuations, propos désobligeants, non respect du droit de parole de l’autre, interpellations du président et remises en cause de son autorité». Il ne pouvait plus continuer.

Il faut se rappeler que la nomination d’Yvon Vallières avait une signification particulière. Candidat de Jean Charest, il avait été écarté par les partis d’opposition lors du gouvernement minoritaire. François Gendron, le doyen de l’Assemblée, issu du PQ, avait ravi le poste. Le président démissionnaire avait donc été désigné dès que le Parti libéral a de nouveau eu la majorité. Ce poste aura été pour lui un chemin pavé d’embûches qu’il aura peiné à surmonter.

Son constat n’est cependant pas surprenant. Il reflète bien ce que voient jour après jour les électeurs qui suivent la période de questions. Le ton au Salon bleu n’a cessé de se dégrader depuis la dernière élection. Les chefs de parti s’accusent respectivement d’être responsable de la situation. L’arrivée de Jacques Chagnon comme nouveau préfet de discipline parviendra-t-elle à rétablir un dialogue sain?

Candidat solide et d’expérience, le député de Westmount–Saint-Louis aurait pu arriver en poste avec encore plus de légitimité. Toutefois, le premier ministre Charest n’a pas voulu prendre de chance. Le règlement veut que le président soit élu par scrutin secret par tous les membres de l’Assemblée. Une élection en bonne et due forme. Cependant, dans un contexte de gouvernement majoritaire, le caucus du parti au gouvernement peut faire front commun et choisir lui-même le président. C’est ce qui est arrivé.

Ce changement de garde suscitera-t-il plus qu’un débat temporaire sur les comportements à l’Assemblée nationale? Finalement, Jacques Chagnon a terminé sa première session en tant que président par une phrase évocatrice : Continuez comme ça, c’est bien parti! On se le souhaite. L’institution, tout comme la confiance que lui voue les électeurs, ne pourront que mieux s’en porter.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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