Soutenez

Encore un débat sur le débat

Le suspense sur le débat des chefs aura été de courte durée. Le chef conservateur Stephen Harper, dont la campagne avait connu quelques ratés, a repris l’offensive en lançant une invitation au chef libéral. Le débat sur le débat aura tout de même permis de braquer les projecteurs sur un autre sujet.

Tout a commencé avec la décision du consortium des médias d’exclure la chef du Parti vert, Elizabeth May, du débat des chefs. Interpellé sur la question, M. Harper a dit être prêt à débattre avec tous les chefs, ou même seul avec Michael Ignatieff. Il n’en a pas fallu davantage pour que le train s’emballe, particulièrement sur les médias sociaux.

Le chef du Bloc québécois, Gille Duceppes, a répliqué qu’un débat sans lui signifierait l’exclusion du Québec. Jack Layton, du NPD, a rétorqué comprendre que le premier ministre ne veuille pas débattre avec lui après l’expérience de 2008. Michael Ignatieff a pris la balle au bond et relancé M. Harper : n’importe où, n’importe quand, a-t-il dit sur Twitter. N’en demeure pas moins qu’un débat Ignatieff-Harper risque peu de se matérialiser.

Le consortium des médias, incluant TVA, Radio-Canada, CTV, CBC et Global, a finalement annoncé que les partis en étaient venus à une entente. Le débat aura lieu à Ottawa. Les quatre chefs représentés aux Communes croiseront le fer le 12 avril en anglais, et le 14 en français.

Si on en croit les sondeurs et leurs statistiques, le tiers des électeurs a fait son choix dès le déclenchement des élections, un autre tiers se décide au cours du débat des chefs et, finalement, le dernier tiers fait son choix dans les derniers jours avant le scrutin.

C’est pourquoi le débat des chefs est un événement majeur dans le déroulement d’une campagne électorale. Bien que tous les électeurs ne soient pas devant leur petit écran au moment de l’échange, il est clair que tous sont influencés par la trace qu’il laisse.

Le lieu du débat, le déroulement et le format sont importants. Des équipes sont déléguées auprès du consortium des médias pour voir à ce que le chef soit dans un contexte qu’il maîtrise et dans lequel il se sent bien.

Les dés sont maintenant jetés, même si la décision du consortium des médias d’exclure Mme May risque encore de faire couler de l’encre. Le débat sur le débat aura permis à Stephen Harper de changer l’ordre du jour, le temps d’une journée. La campagne devra toutefois trouver un certain souffle pour intéresser les électeurs. Après une première semaine, elle en est encore bien loin.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.