Sur la ligne de départ
Les avions et les autobus sont garés sur les lignes de départ. Sous peu, ils sillonneront les villes et villages du pays en quête d’électeurs prêts à écouter. Il ne reste plus qu’à connaître le motif qui fera tomber le gouvernement Harper et tous pourront enfin prendre le chemin de la campagne électorale.
Tout devrait se jouer aujourd’hui, mais la procédure parlementaire nous réserve parfois des surprises. Les conservateurs auraient sûrement préféré être renversés sur le budget, mais il semble bien que ce sera l’éthique qui mettra fin à la 40e législature. Gouvernement minoritaire oblige.
Peu importe le motif, il y aura vraisemblablement des élections le 2 mai prochain. Déjà, on connaît les thèmes de campagne qui animeront chacune des formations politiques.
Les conservateurs joueront la carte de la responsabilité et du bilan économique. Les libéraux se poseront en gardien des valeurs canadiennes. Le Bloc se posera en défenseur des intérêts du Québec. Quant aux néo-démocrates, ils présenteront leur chef comme l’homme de confiance de la classe moyenne. Reste à savoir qui parviendra à imposer son programme. Car celui qui donnera le ton risque fort de l’emporter.
La lutte s’annonce féroce. Tous les chefs y joueront gros. Le militant de Stephen Harper pourrait bien se lasser de lui s’il ne parvient pas à obtenir un gouvernement majoritaire. Michael Ignatieff, qui en est à sa première campagne, doit inverser la tendance s’il ne veut pas se faire montrer la porte. Pour Gilles Duceppe, il s’agit de battre ses performances précédentes. Jack Layton doit démontrer que son parti est une alternative crédible.
Ceux qui croient que le Québec sera laissé pour compte peuvent se raviser. La signature de l’entente sur les redevances pétrolières envoie le signal que le gouvernement est loin d’avoir mis de côté tout espoir de faire des gains ici.
Il y aura au Québec, comme ailleurs, de chaudes luttes. Le Québec, et particulièrement la ville de Québec, n’échappera pas à l’approche chirurgicale des conservateurs. Ce sera aussi le cas dans l’ouest de l’île de Montréal où Larry Smith espère faire un gain. Selon le plus récent sondage, Stephen Harper serait à peine à six sièges de la majorité. Attendez-vous donc à l’intensification des efforts dans des comtés ciblés.
Tout semble bien en place pour le départ mais l’inconnue demeure l’humeur des électeurs. Y aura-t-il un prix à payer pour plonger le Canada dans une campagne électorale? Une chose est certaine, une fois la campagne amorcée, les partis ne ménageront aucun effort pour vous rejoindre.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.