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Rien à perdre

Un budget, c’est l’outil privilégié pour indiquer le chemin à prendre. Si celui de l’an dernier a été marqué par un peu d’audace, c’est la tiédeur qui caractérise celui de cette année.

Avec un taux d’insatisfaction de 79 %, le gouvernement Charest n’avait pourtant rien à perdre. Il avait toute la marge de manouvre pour proposer une révolution du modèle puisque l’indice du bonheur ne peut être plus bas. Si l’on veut changer les choses dans une société où l’inertie est maîtresse, il n’y a pas de meilleur moment.

La poursuite du déficit zéro est essentielle. La précarité de l’économie et la fluctuation des taux d’intérêt font qu’il vaut mieux agir maintenant. Or, le ministre des Finances lâche du leste. Lui qui, grâce à son effort et à la conjoncture, était parvenu à faire mieux que ses prévisions en matière de déficit, se laisse maintenant une marge de manouvre et prévoit un déficit supérieur de 900 M$. En éducation, on pose bien les bases d’un nouveau pacte, mais les fruits ne seront perceptibles qu’en 2014, voire 2016. Si la participation accrue des étudiants est incontournable, elle est liée à une gouvernance et à une gestion exemplaires des universités et à un engagement des entreprises d’investir.

Si la priorité des Québécois est encore et toujours la santé, il faudra assurer la pérennité sur ce plan au Québec en se dotant d’une capacité décuplée de savoir et de savoir-faire pour stimuler l’innovation et répondre à nos besoins en termes de main-d’ouvre qualifiée. L’éducation est un élément essentiel pour assurer cette prospérité durable. Il faudra plus que des tableaux interactifs dans les classes pour garder les potentiels décrocheurs dans les classes. Il faudrait repenser totalement l’allocation et le déploiement des ressources.

Le discours du ministre Bachand ne dit rien non plus des gains de productivité essentiels que doit produire la fonction publique. Il ne s’agit pas de simplement réduire la taille de l’État, il faut repenser les façons de faire. C’est d’autant plus vrai dans le secteur de la santé. Cette semaine, les pharmaciens ont pourtant offert d’élargir leur action pour contribuer à la révision du modèle.

Sur le plan de l’équité intergénérationnelle, il faut néanmoins saluer l’annonce du ministre quant à la révision de la cotisation à la Régie des rentes et à la mise en place d’un mécanisme d’ajustement automatique. Même s’il reste encore des modalités à définir, cette hausse améliore à tout le moins la capacité de répondre aux besoins actuels et futurs au-delà de 2035.

Ce budget ne passera pas à l’histoire. L’occasion était belle de revoir le partage des responsabilités entre l’État et les citoyens. Sans réinventer le modèle, le gouvernement poursuit dans la lignée de l’an dernier. «Quand un peuple contrôle ses finances, il reste maître de ses choix et de son destin», disait le ministre. Le contexte nécessitait davantage d’audace.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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