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A-720 – la cour d'école

La gestion de crise après l’effondrement des paralumes de l’autoroute 720 aura été plus que douteuse. Depuis les événements, on a l’impression que la société québécoise assiste à un échange d’enfants dans une cour d’école primaire.

D’un point de presse à l’autre, on pointe du doigt. Ce n’est pas moi, c’est lui. On se cache derrière le plus petit pour être sûr de ne pas se faire taper dessus. Un seul constat fait l’unanimité : il faut plus de crème glacée. Il faut investir davantage dans les infrastructures montréalaises.

Le pire, c’est que le ministre Hamad n’a pas su jouer le rôle du directeur d’école en apaisant les troupes. Au contraire, sa première intervention a mis le feu aux poudres. Affirmer que toutes les infrastructures ouvertes au Québec sont sécuritaires manquait de doigté. Par la suite, on a tergiversé sur la publication des rapports pour finalement blâmer le contacteur en garantissant du même souffle que les processus du ministère seraient revus.

À cela, il faut ajouter des propos désolants qui se voulaient rassurants. À son arrivée à une rencontre du cabinet, le ministre délégué aux Mines, Serge Simard, a fait valoir qu’il y aurait toujours des risques, quoi qu’on fasse. Il a comparé le risque encouru par la population lors de l’effondrement de dimanche à celui d’un piéton qui traverse la rue. Difficile de bâtir la confiance en agissant ainsi.  

Il faut noter que la tâche n’était pas simple. La crédibilité du gouvernement Charest dans le dossier de la construction et des infrastructures est aussi mince que le mur – qui aurait été aminci par des travaux –, qui soutenait la poutre qui s’est effondrée. Il est vrai que les événements s’additionnent : Concorde, Turcot, Mercier, la hausse des coûts des chantiers, les scandales et la non-réponse du gouvernement aux demandes pressantes de la population pour une commission d’enquête publique… Voilà autant d’éléments qui exacerbent l’humeur de la population.

Heureusement, il n’y a pas eu de victime cette fois-ci, que des pertes matérielles. Pendant ce temps, plusieurs questions restent sans réponse. Est-il possible de faire mieux avec l’argent déjà investi? Quelle est la chaîne de responsabilités? Elle n’incombe probablement pas qu’à un seul intervenant. La réponse est plus complexe. Comment sécuriser les infrastructures malgré tous les gouvernements qui ont pelleté par avant? Quelle doit être la place des
transports collectifs dans l’ensemble des investissements? Qu’entend faire le ministère pour pallier le manque de contrôle de ses dossiers? Tous les élèves doivent se ressaisir et faire leur devoir. Il y a fort à parier qu’à l’automne, des mains se lèveront pour réclamer à nouveau une commission d’enquête sur la construction.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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