Soutenez

Gouvernement Harper: Histoire de symboles

Les toiles de Pellan ont cédé leur place au portrait de la reine dans l’édifice qui abrite le ministère des Affaires étrangères. L’armée a retrouvé son vocable de «royale» après plus de 40 ans, et maintenant la guerre de 1812 sera célébrée en grande pompe.

Le gouvernement Harper amorce un processus d’édification de la nation (nation-building). Il tente clairement d’utiliser ses pouvoirs pour bâtir une identité nationale, un sentiment d’appartenance nationale. On est en quête de symboles.

On peut être d’accord ou non avec l’objectif, mais un gouvernement élu a le droit de vouloir donner un sens commun à sa présence. Le problème n’est pas tant de vouloir donner des repères, mais plutôt les choix de ceux-ci. Il sera difficile de trouver des éléments de fierté communs à l’ensemble canadien. D’ailleurs, en reconnaissant l’existence de la nation québécoise, le gouvernement Harper doit comprendre que le défi qui se présente à lui est de taille. Un sondage CROP publié cette semaine révélait d’ailleurs que seule la moitié des Québécois a le sentiment de partager les mêmes valeurs que les autres Canadiens. Des éléments qui puissent avoir la même signification et le même écho d’un océan à l’autre seront difficiles à trouver.

Actuellement, on rate la cible. La monarchie n’est pas le bon choix. Au contraire, si une chose unit les Canadiens, c’est bien son désintérêt pour la chose. De fait, si ce gouvernement friand de sondages prenait connaissance des chiffres, il constaterait que les Canadiens sont loin de partager la ferveur royale. En 2009, un sondage du Institut Strategic Councel rapportait que «65 % des Canadiens voudraient que leur pays ne soit plus une monarchie constitutionnelle à la fin du règne d’Elizabeth II».

Sans surprise, le Québec était la province qui s’opposait le plus au modèle actuel, avec 86 %, mais même plus d’un résidant sur deux en Ontario (58 %) voyait d’un bon œil la fin de la monarchie constitutionnelle.

La commémoration de la guerre de 1812 semble aussi rater la cible. Au Québec, comme au Canada anglais, cet événement est loin de susciter la fierté. Guerre méconnue des Canadiens-Anglais, et encore davantage des Québécois, cet événement historique est loin de faire l’unanimité quant à sa place dans l’histoire. C’est plutôt la confusion.

Les conservateurs veulent définir une identité nationale forte. Pour y faire adhérer la population, ils devront cibler des symboles qui possèdent déjà un certain ancrage. Jusqu’à présent, ils ne semblent pas savoir comment capter l’imaginaire collectif.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.