L’année 2013 en un clin d’œil
Lac-Mégantic, l’événement de l’année
Le vendredi 5 juillet ne devait être rien de plus qu’une belle journée d’été qui laissait présager une magnifique fin de semaine. Pour la ville de Lac-Mégantic, le 5 juillet marquera dorénavant la dernière journée d’une époque, la dernière journée de l’avant MMA, de l’avant déraillement, de l’avant catastrophe. L’explosion du convoi de la Montreal, Maine and Atlantic qui a soufflé le centre-ville de Lac-Mégantic et fauché la vie de 47 personnes a marqué la province. Le choc passé, la catastrophe aura fait ressortir la générosité des Québécois et aura poussé les gouvernements à resserrer les règles du transport ferroviaire. Une semaine avant Noël, les trains ont recommencé à circuler à Lac-Mégantic, signe que la vie a repris ses droits.
Le chiffre de l’année
- 90 000 $
Cette année, il n’y a pas que Céline Dion qui a eu du succès en jouant au Banquier. Mike Duffy a aussi réussi à s’en mettre plein les poches grâce aux largesses du «banquier» Nigel Wright. L’ancien chef de cabinet de Stephen Harper a remis au controversé sénateur un chèque de 90 000 $, au printemps. M. Duffy n’a pas RE-FU-SÉ le chèque et a remboursé les allocations de logement qu’il avait injustement réclamées. Ces 90 000 $ ont valu à Mike Duffy d’être soupçonné de fraude, de corruption et d’abus de confiance par la GRC. Ces soupçons valent aussi pour Nigel Wright, qui a d’ailleurs été forcé de démissionner de son poste de chef de cabinet de Stephen Harper après que l’histoire du chèque eut été révélée par les médias.
Le mot de l’année
- Ostentatoire
«Ostentaquoi?» Ostentatoire : ce qui est fait de manière à étaler indiscrètement un avantage ou une qualité, ce qui est fait dans le but d’être remarqué. Avant le début du débat sur la charte des valeurs, ce mot était peu entendu dans les rues de Montréal. Les Québécois associent maintenant «ostentatoire» au voile, à la kippa, au turban et à la croix. À quelque chose d’interdit, ou même de «méchant», comme on l’a entendu dans un vox pop de Guy Nantel. Le débat sur la charte a le mérite d’avoir enrichi notre vocabulaire.
L’objet de l’année
- La vidéo de Rob Ford
Rob Ford a fort probablement prié pour que la fameuse vidéo où on le voit fumer ce qui semble être du crack n’existe pas vraiment. Le site Gawker, qui avait déclaré avoir vu la vidéo en mai tout comme le Toronto Star, a ensuite affirmé avoir perdu sa trace. Le site américain a alors amassé 200 000 $ pour acheter la vidéo, en vain. Coup de théâtre, le 31 octobre, la police de Toronto affirme avoir en sa possession une vidéo dont les «images corroborent celles qui ont précédemment été décrites dans la presse». Depuis le début de cette saga, il y a huit mois, Rob Ford aura aussi fait parler de lui parce que: il a été «la vedette» d’autres vidéos ou photos controversées, il a perdu son émission de télévision sur Sun News et il a perdu presque tous ses pouvoir décisionnels comme maire. Selon une analyse menée par Influence Communication, cette saga est le dossier canadien ayant entraîné le plus fort engouement médiatique en sol américain depuis le début du siècle.
Les citations de l’année
- Tentation
«J’étais à un souper sur ma terrasse, il y a quelqu’un qui a pris un joint, il l’a allumé, on l’a passé, j’ai pris une puff et je l’ai passé à la prochaine personne.» – Justin Trudeau, qui a admis avoir fumé de la marijuana - Insatisfaction
«Moi, je suis pogné avec un esti de calisse qui s’appelle Jocelyn Dupuis.» – Ken Pereira, à la commission Charbonneau - Prostitution
«I have enough [pussy] to eat at home.» – Rob Ford, se défendant d’avoir eu recours à une prostituée - Détermination
«Pas de péage, pas de pont.» – Stephen Harper, au sujet du nouveau pont Champlain - Compréhension
«Beaucoup moins qu’hier.» – Ed Burkhardt, en réponse à une question d’un journaliste lui demandant combien il valait au lendemain de la tragédie de Lac-Mégantic. - Objection
«Je maintiens mon innocence. […] Je vais miser mes énergies pour me défendre.» – Michael Applebaum, à la suite de son arrestation par l’UPAC - Frustration
«Va chier.» – Christine St-Pierre, en direction de Pauline Marois, à l’Assemblée nationale