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Semaine des personnes handicapées: les financiers

Photo: Daphné Caron/Métro

Pour répondre à leurs besoins bien spécifiques, les personnes handicapées font appel à des bénévoles et à des travailleurs dont le commun des mortels soupçonne à peine l’existence. À l’occasion de la Semaine québécoise des personnes handicapées, Métro vous les présente dans une série de cinq portraits. Aujourd’hui, Guillaume Parent et Jonathan Vandal, de Finandicap.

En 2009, Guillaume Parent ouvrait un compte REEI (Régime enregistré d’épargne invalidité). Le lendemain, il démissionnait d’un poste en finances pour fonder son propre cabinet de services financiers, Finandicap, dont la mission est d’accompagner les personnes vivant en situation de handicap dans toutes les questions entourant leurs finances. Son objectif: répandre la bonne nouvelle.

«Avant, les personnes handicapées étaient condamnées à la pauvreté. Avec cet héritage qu’a légué Jim Flaherty – qui avait lui-même un enfant handicapé –, pour chaque dollar mis dans un REEI, le gouvernement va en mettre jusqu’à trois, et ce, jusqu’à concurrence de 90 000$. Pour les personnes à faible revenu, même pas besoin de débourser un sou pour cotiser. Ça fait que wake up!» s’impatiente Guillaume Parent, voyant que plusieurs personnes ne profitent pas de cette mesure qui permettrait d’acquérir plus d’indépendance. «Au Québec, quand on parle de finances, c’est tabou, et quand on parle de handicap, c’est tabou, ce qui explique peut-être qu’on ait ouvert quatre fois moins de REEI ici qu’ailleurs au Canada», pense-t-il. Son cabinet entend remédier à cette situation.

Le REEI n’est pas le seul programme s’adressant spécifiquement à ceux qui vivent une situation de handicap. Au-delà d’une trentaine de mesures fiscales s’adressent à cette clientèle. «Toutes les informations sont disponibles sur l’internet, mais c’est très opaque, explique Guillaume Parent. La plupart des gens ne profitent pas de toutes les mesures fiscales, financières ou légales qui viennent en aide aux personnes handicapées ou à leur famille.»

Son collègue, Jonathan Vandal, a d’ailleurs décidé de se joindre à l’équipe de Finandicap après avoir démêlé toutes ces informations pour aider son frère atteint de trisomie. «Après avoir passé un an et demi à décortiquer tout ça, je ne voulais pas “perdre” les connaissances que j’avais acquises dans le domaine», explique le comptable agréé de formation.

Malgré la complexité du système, Finandicap est seul dans son créneau. «J’aimerais en voir d’autres», dit Guillaume Parent, qui ne craint pas la compétition. Sa plus grande inquiétude est de constater que les institutions financières offrent des services peu adaptés. «Les conseillers doivent avoir beaucoup de connaissances, savoir qui s’occupera d’une personne qui sera dépendante toute sa vie au décès des parents, protéger la personne d’abus au moment de l’héritage. Plusieurs institutions n’offrent le REEI que par l’intermédiaire de centres d’appels, ce qui en limite l’accès», déplore-t-il. Ça illustre le peu d’énergie qui est consacrée à cette clientèle.

REEI
Conditions pour être admissible au REEI:

  • L’admissibilité au REEI ne dépend pas du diagnostic, mais de la façon dont le problème de santé affecte le quotidien.

En savoir plus
Sur le web: finandicap.com

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