Soutenez

Shimon Peres: la science est la clé du monde

OTTAWA – La science ne peut être conquise ni défendue par les armes, et ses avancées influenceront la façon dont les hommes se gouvernent, a soutenu mardi le président d’Israël, Shimon Peres.

Le lauréat d’un prix Nobel a ajouté, de passage à Rideau Hall, que la science ne pouvait pas non plus être contrôlée ni arrêtée, pas plus qu’elle ne respectait les frontières ou les lois.

Son discours d’introduction à une table ronde sur l’éducation et l’innovation a tracé des parallèles évidents avec les craintes israéliennes dans le dossier du développement nucléaire de l’Iran.

Les remarques de M. Peres tranchaient également avec le cours des événements sur la colline parlementaire, alors que le gouvernement conservateur est accusé d’écourter les débats aux Communes, tout en étouffant les sources indépendantes d’information et en muselant les scientifiques gouvernementaux.

M. Peres, qui est en visite d’État pour cinq jours au pays, a prononcé un discours nuancé sur la condition humaine, alliant des références politiques et philosophiques.

L’homme de 88 ans a souligné que le monde devenait ingouvernable, et que la réelle force n’était plus, de nos jours, la politique mais bien la science. Et les citoyens doivent désormais être convaincus, plutôt que soumis, dans cette nouvelle ère de connaissances.

Les gouvernements ne peuvent plus gouverner à moins de convaincre la population que leur présence est nécessaire, a-t-il plaidé, ajoutant qu’il faut agir par consensus et passer plus de temps à élaborer des accords.

Le gouverneur général David Johnston a lancé la discussion d’une heure en louant les progrès scientifiques israéliens, renvoyant notamment à leurs aptitudes de transformer un désert en une terre fertile pour ensuite bâtir une nation.

M. Johnston a mentionné que la discussion de mardi tournait autour des efforts des deux pays pour devenir «plus intelligents, ensemble».

«Est-il impossible de changer la nature humaine? Qui vous a dit ça?», a lancé en rhétorique l’homme d’État.

«Dès l’instant où nous serons capables d’avoir le dessus sur nous-mêmes, nous aurons la bonne combinaison de gestion non-gouvernementale, basée sur la bonne foi, répondant aux préférences individuelles et tentant d’améliorer la maîtrise de soi», a déclaré M. Peres, qui a été premier ministre d’Israël à deux reprises.

Il a ajouté qu’une telle maîtrise de soi était vitale.

«Nous en avons besoin puisque l’autre option est très dangereuse. Sans elle, les gens fous avec des bombes nucléaires entre les mains peuvent véritablement engendrer des catastrophes.»

M. Peres s’est entretenu tard mardi avec le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, et il se rendra mercredi à Toronto, puis à Montréal le jour suivant.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.